22 février 2012
Le second numéro des Cahiers économiques du Cameroun édité par le bureau de la Banque mondiale au Cameroun, confirme la bonne tenue de l’économie camerounaise.
Réalisé par les experts de la Banque mondiale au Cameroun avec le concours de la Beac, des ministères en charge des questions économiques et de l’Institut national de Statistique et l’équipe du Fmi au Cameroun, ce numéro a récemment été présenté à la presse par le directeur des opérations pour la Cameroun. Dans ce numéro spécial emploi, le semestriel revient sur les difficultés qu’éprouve le pays à mobiliser l’énorme potentiel que représente sa population active. En effet, le marché du travail y est caractérisé par une écrasante majorité de jeunes exerçant dans le secteur informel. L’adoption d’une stratégie intersectorielle dans la formation de base de la population en âge scolaire, et la construction de nombreuses infrastructures de base font partie des solutions proposées pour accélérer la croissance en impactant tant sur l’offre que sur la demande.
Malgré une conjoncture mondiale des plus difficiles, conséquence directe du tremblement de terre et du tsunami au Japon, les effets néfastes du printemps arabe et la dette souveraine dans les économies jadis présentées comme les plus solides, cette édition des Cahiers économiques du Cameroun salue les performances du pays. Un pays qui a su tenir ses engagements de maitrise de la dépense publique et de réduction du train de vie de l’Etat. Ce qui fait que, malgré ce contexte difficile, la reprise économique au Cameroun a été plus rapide que prévue par de nombreux experts en 2011. En d’autres termes, ces résultats confirment la pertinence des réformes engagées et la sincérité des pouvoirs publics à mener jusqu’au bout, la lutte contre les atteintes à la fortune publique. Le cadre des affaires a été amélioré et ce n’est pas un hasard si le Cameroun a amélioré de sept places, son classement dans le rapport Doing business 2012 par rapport à 2011. Et les pouvoirs publics n’entendent pas desserrer l’étau afin que le pays soit une fois pour toutes, une destination sûre pour les investisseurs.
Après un ralentissement de deux années imputable à la crise économique et financière mondiale, la reprise observée en 2010 s’est consolidée en 2011 avec une croissance estimée à 4,1% contre 3,2% tandis que l’inflation était maitrisée. Cette performance a été rendue possible grâce à la bonne tenue des secteurs primaire et tertiaire. Dans le secteur primaire, la reprise est due aux efforts réalisés en vue de l’augmentation des surfaces cultivées de même que l’amélioration de la productivité avec l’introduction de plus en plus soutenue des semences améliorées et l’encadrement des producteurs par les officiels du ministère de l’Agriculture et du Développement rural (Minader) et des personnels des projets et programmes du gouvernement.
La construction des grands projets structurants et la poursuite des efforts déployés pour améliorer la productivité agricole auront également un impact certain sur la croissance du pays en 2012. De l’avis de nombreux experts dont ceux de la Banque mondiale, le déficit énergétique du Cameroun lui coûte deux ou trois points de croissance. La réduction de ce déficit énergétique par le biais de ces infrastructures en construction, apparait donc comme une très bonne nouvelle pour les industries qui ont besoin de cette énergie pour faire tourner les machines à plein temps. Le secteur tertiaire qui est celui des services, devrait également en profiter. Le niveau actuel de fourniture de l’énergie ne lui permet pas toujours de faire fonctionner au maximum, différents équipements et outils de production. Le secteur pétrolier qui affiche un certain essoufflement ces dernières années pour ce qui est du niveau de production va, selon cette édition des Cahiers économiques du Cameroun, inverser cette tendance en 2012 avec une augmentation de production devant se situer au tour de 15% de la production actuelle grâce à d’importantes activités d’explorations. Toutes ces bonnes nouvelles devraient garantir un taux de croissance de 5,5% en 2012. Ce qui est une réelle performance eu égard à la conjoncture mondiale actuelle.
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