« Rassemblement Démocratique 
du Peuple Camerounais »

15/06/2018 - 02:45
garoua boulaï
garoua boulaï
le grand carrefour

06 juin 2012

Cette localité située  dans le Lom et Djérem est le principal pont, par route, entre le nord et le Sud du pays. C’est aussi une  étape quasi obligatoire  pour tous ceux qui viennent du Tchad, de RCA ou qui s’y rendent, en provenance de la côte.

Samedi 19 mai 2012. Les passagers du dernier car de la compagnie  de transport Alliance voyage, en provenance de Bertoua peuvent pousser un ouf de soulagement. Après  les 5 heures qu’ils ont mis pour parcourir les 250 km de route qui les séparent à présent du chef lieu de la région de l’Est, ils viennent enfin de débarquer à Garoua Boulaï. Mais ce n’est pas la quiétude en principe  attendue des personnes arrivées à destination que l’on peut lire sur le visage des uns et des autres. La raison est simple : si quelques uns sont effectivement arrivés « chez eux », pour d’autres, la majorité, ce n’est qu’une étape d’un voyage plus long. Comme il est 23h30 mn, il faut  absolument trouver un « endroit sûr pour passer la nuit ». Où, ce n’est pas le plus simple, car en cette veille de fête nationale du Cameroun, la ville grouille de monde.
Effectivement, les auberges et les rares hôtels de la cité frontalière ont du mal à contenir, cette nuit-là, les nombreux voyageurs  en transit à Garoua Boulaï, auxquels se sont ajoutés les journalistes venus couvrir le 20 mai, les familles de la trentaine de fonctionnaires et d’opérateurs économiques devant recevoir une distinction honorifique à l’occasion de la fête nationale et des commerçants venus de l’intérieur du pays, espérant faire de bonnes affaires le lendemain. Conséquence, les bars, gargotes et autres buvettes du centre ville deviennent des refuges pour tous ceux qui n’ont pas pu trouver de gîte. « Ce soir, c’est un peu exceptionnel, car on est une veille de fête. Souvent, il y a toujours de la place pour chacun », explique une jeune policière qui n’est cependant pas surprise par l’affluence et le nombre impressionnant de véhicules de tous les gabarits  alignés devant les auberges, au parc à camions et le long de l’axe qui mène du rond point à la frontière avec la République centrafricaine. Il y en a des centaines par jour, qui viennent soit du grand nord pour la zone côtière, ou en sens inverse, soit des pays voisins comme la RCA qui se trouve juste à côté ou le Tchad pour s’approvisionner directement ici ou dans d’autres villes du Cameroun comme Yaoundé et Douala.
En fait, Garoua Boulaï est un grand carrefour. Située à mi chemin  des 500 km –dont les 4/5è sont déjà bitumés- qui séparent Ngaoundéré de Bertoua, c’est d’abord  et pour l’instant, le principal trait d’union par voie routière, entre le septentrion et la partie méridionale du Cameroun : l’essentiel du trafic entre les deux zones agro écologiques du pays, et entre le Cameroun et le Tchad transite par cette ville. Au fil du temps, elle est devenue une escale presqu’indispensable, aussi bien pour les transporteurs que pour leurs passagers.  Construit sur la limite entre le Cameroun et la RCA dans le département du Lom et Djerem, Garoua Boulaï  est par ailleurs un important centre commercial où règne également selon des sources proches des services de sécurité, une importante activité clandestine de trafic de minerais issus du sous-sol de la zone, réputé particulièrement riche, et de contrebande, du fait de la porosité de la frontière.
Ce qui justifie l’attrait exercé par Garoua Boulaï sur  les populations de l’ensemble  du Cameroun, de la sous région et même d’ailleurs, à l’instar des maliens, des nigériens, des mauritaniens et quelques nigérians.  Ce qui en fait une ville cosmopolite, où cohabitent les fonctionnaires et les commerçants originaires de tous les coins du Cameroun,  aux côtés de quelques 3000 refugiés centrafricains  et, hélas, de  clandestins, trafiquants, aventuriers et délinquants de toute sorte, venus  de la sous-région faire fortune. Une situation qui, ajoutée au voisinage quelques fois conflictuel avec la République centrafricaine, ne manque pas de créer quelques ennuis aux 80 mille populations locales qui, malgré leur hospitalité légendaire, font quand même connaître leurs inquiétudes. Heureusement pour elles, l’Etat camerounais est bien présent.  Il assure la sécurité et garantit la paix, tout en continuant d’œuvrer, à travers différentes réalisations, à l’épanouissement de ces braves citoyens.

Longin Cyrille Avomo

Réactions

06 juin 2012

Ville dont la « camerounité » ne souffre d’aucune contestation, Garoua Boulaï souffre pourtant d’un mauvais voisinage des centrafricains que des autorités camerounaises locales soupçonnent de nourrir des velléités expansionnistes. D’où une tension assez récurrente  à la frontière.

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