« Rassemblement Démocratique 
du Peuple Camerounais »

14/08/2018 - 20:13
L'Année 2010 de Paul Biya - Initiative : L’Afrique du XXIème siècle
Initiative
Initiative - L’Afrique du XXIème siècle
Simon Meyanga

 La Conférence Africa 21, organisée à Yaoundé les 18 et 19 mai 2010, a permis au Cameroun d’emmener L’Afrique et ses nombreux amis à mener une réflexion profonde à l’issue de laquelle les bases d’un continent nouveau, développé et émancipé ont été posées. Evocation.

Le Président Paul Biya avait fait de la Conférence internationale de Yaoundé, le principal moment des festivités marquant la célébration du cinquantenaire de l’Indépendance du Cameroun. Dans son discours à la nation le 31 décembre 2009, le président de la République disait : « L’année 2010 sera donc pour le Cameroun l’année du cinquantenaire de l’indépendance. Les célébrations trouveront naturellement leur apothéose le 20 mai, jour de notre Fête Nationale, avec l’organisation de la « Conférence de Yaoundé » au cours de laquelle d’éminentes personnalités débattront de la place de l’Afrique dans le monde. Nous aurons ainsi conféré à cet événement, ô combien mémorable, sa véritable dimension politique, sociale et culturelle. »

Très vite traduite dans les faits par le comité scientifique mis en place et dirigé par le professeur Jacques Fame Ndongo, Africa 21 va permettre à d’éminentes personnalités de diagnistiquer les maux qui minent le développement de notre continent. Ils ont pour nom la pauvreté, l’immobilisme, le difficile accès aux sources de financement, les guerres civiles, l’instabilité, la menace terroriste, « la mauvaise gestion des finances publiques, l’insécurité judiciaire, les lenteurs administratives, pour ne pas parler de la fraude douanière et de la corruption », comme l’avait relevé Paul Biya dans son discours d’ouverture au Palais des Congrès de Yaoundé. Mais d’autres causes, encore plus vicieuses, contribuent à maintenir L’Afrique dans une posture difficilement supportable et handicapante pour son développement et la réalisation de ses ambitions. C’est le cas de l’absence du continent dans les plus hautes instances qui débattent pourtant de ses problèmes et de son avenir, à l’exemple du Conseil de sécurité de l’ONU.

Et de reconnaître que tous ces maux ne sont pas insurmontables. Car si L’Afrique a longtemps été pris pour un continent « mal parti », comme l’a écrit en son temps le Français René Dumont, aujourd’hui il a les moyens de prendre sa revanche, de s’affirmer sur la scène internationale, de s’imposer non plus comme un laissé-pour-compte, mais davantage comme un partenaire qui puisse tirer le meilleur parti des relations commerciales qu’il noue chaque jour avec les pays développés. Son sous sol, miné de matières premières, est un atout majeur ; ses innombrables surfaces arables lui assurent une marge de progression inégalable dans le domaine de l’agricole ; ses écosystèmes, le bassin du Congo notamment, peut être une formidable outil à usage multiple.

Au sortir des travaux de Yaoundé, qui ont mis en exergue la spécificité camerounaise dans la célébration du cinquantenaire, l’on a obtenu un document, un guide, une sorte de livre blanc qui doit désormais orienter toute politique de développement endogène ou en direction de l’Afrique. Africa 21 a servi à baliser le terrain, à identifier les secteurs dans lesquels il est indispensable de concentrer les énergies. Le rapport général de la conférence en avait d’ailleurs fait mention : « Les participants ont insisté sur la nécessité de rationaliser les dispositifs institutionnels d’intégration en Afrique, de renforcer les valeurs d’éthique et l’implication des intellectuels dans les processus de développement des Etats, d’accroître les infrastructures régionales et continentales, de mettre en place des dispositifs de correction des distorsions du marché international. […] Pour accompagner cette dynamique nouvelle, les panélistes ont insisté sur la conception et la mise en oeuvre de politiques pertinentes de justice sociale qui magnifient les valeurs d’excellence, de travail et de mérite avant de suggérer la mise en place de fonds de garantie à l’auto emploi des jeunes. » Paul Biya suivra ces bonnes recommandation en demandant aux Africains, dans son discours de clôture, « De mettre fin au misérabilisme ambiant et de prendre leur part dans les affaires du monde. »

Lobbying
Jeudi 23 septembre 2010, prenant la parole lors de la 65ème Assemblé générale des Nations unies, le président de la République du Cameroun a rappelé aux pays qui se sont enrichis au détriment de L’Afrique qu’il était temps qu’ils prennent leur part de responsabilité dans les chantiers de développement de l’Afrique. En demandant que le « Fameux Plan Marshall pour l’Afrique, souvent évoqué mais qui tarde à voir le jour » soit enfin lancé, il est dans la continuité de la Conférence de Yaoundé. L’Afrique ne veut plus être traitée  « En objet des relations internationales […] parfois la victime de phénomènes où sa responsabilité n’est pas engagée. »  Le Président n’a pas manqué de mettre à l’index la condescendance avec laquelle l’Afrique est traitée. C’est en effet le seul continent qui ne dispose pas de siège permanent au Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies, cette instance qui prend les grandes décisions qui engagent tous les pays du monde et qui s’appliquent à eux, surtout aux plus faibles. Pour les Africains, et Paul Biya a eu raison de le rappeler, la réforme de l’organisation est l’occasion idoine non pas pour prendre leur revanche, mais pour se donner les moyens d’intégrer le saint des saints.
Le japon et les autres « Dragons » asiatiques ont bénéficié de ce dispositif, financé par les pays occidentaux. Après la deuxième guerre mondiale, ces financements ont permis à ces pays, laminés socialement et économiquement, de rebondir pour reconstruire des pays viables. Aujourd’hui, plus de soixante ans plus tard, les pays asiatiques rivalisent sur le marché international avec les puissances occidentales.

Si la communauté internationale a véritablement à cœur d’aider l’Afrique, elle doit se reprendre. Elle doit se souvenir des engagements pris en l’an 2000 pour pallier les méfaits de la pauvreté qui ne cesse d’étendre ses tentacules. Achevant d’augmenter le fossé entre les riches du Nord et les pauvres du Sud. Ce qui a forcément pour corollaire, reconnaît Paul Biya, l’exacerbation des tensions et la compromission des efforts de paix et de sécurité à travers le monde.
Mais le Cameroun n’attend pas que le Plan Marshall soit mis en œuvre pour tracer sa voie. Paul Biya a engagé son pays dans un programme novateur. « Cameroun horizon 2035 » est en effet l’expression de la volonté, la détermination du président de la République, à travers les diverses réformes structurelles, de faire du Cameroun un pays émergent, démocratique et uni dans sa diversité. Une vision qui s’appuie sur les résultats des études rétrospectives et prospectives, le recensement des besoins et aspirations des populations. « La plupart des pays africains se sont engagés dans cette voie. […] La communauté internationale a certainement un rôle à jouer pour les conforter dans leur détermination à s’intégrer dans la société mondiale. Pour cela, il faudra de sa part plus de compréhension, plus de solidarité et sans doute aussi davantage de fraternité.»

L’Afrique du XXIème siècle