« Rassemblement Démocratique 
du Peuple Camerounais »

14/02/2018 - 19:19
Patrice Amba Salla
Patrice Amba Salla
« Il était temps qu’une solution durable soit trouvée »

12 avril 2012

Le ministre des Travaux publics parle du programme spécial de réhabilitation de certains axes routiers en cours, de l’entretien routier en général et du parachèvement de quelques chantiers à problèmes.

L’Action : Monsieur le ministre, le président Paul Biya a ordonné le déblocage spécial de 100 milliards de FCFA pour la réhabilitation de certains axes routiers. D’où vient cet argent et où en est-on à ce jour, avec l’exécution de ce programme sur le terrain ?
Patrice Amba Salla : Les 100 milliards de FCFA débloqués par le président Paul Biya en décembre 2011, pour la réhabilitation des infrastructures routières importantes au Cameroun sont issus du guichet « entretien »  du Fonds routier.
En effet, depuis une décennie, nous enregistrons pour ce qui est de l’entretien routier, un chevauchement dans les différents programmes triennaux. La conséquence est l’accumulation de fonds issus des programmes dont les financements sont engagés, mais non consommés. Ce sont ces fonds qui vont permettre de financer le programme spécial de réhabilitation des infrastructures routières majeures, décidé par le chef de l’Etat.
Sur le terrain, les travaux sont en cours de démarrage. En ce qui concerne le programme de réhabilitation des routes en terre, les entreprises sont en pleine installation et les contrats en cours de validation par les Commissions de passation de marchés compétentes. Pour ce qui est du programme de réhabilitation des ponts sur la Dibamba et sur le Nyong, à ce jour, l’identification des pathologies a déjà été faite et les entreprises s’installent pour l’exécution des travaux ; quant à la réhabilitation des axes bitumés Yaoundé – Bafoussam – Bamenda ; Yaoundé – Mbalmayo – Ebolowa, les travaux de la phase I, réservée au traitement des zones « accidentogènes », ont démarré sur le terrain depuis le 22 février 2012. Cette phase devra s’achever avec le démarrage des travaux lourds proprement dits, au mois d’avril 2012.
 
Qu’est ce qui, selon vous, justifie cette opération d’urgence ?
Cette importante opération se justifie à plusieurs niveaux : sur le plan politique et social, vous êtes au courant de l’émotion que l’état actuel de ces axes routiers a créé ces derniers temps avec des accidents provoqués par le mauvais état de la route (nombreux« trous »  sur la chaussée). Il était temps qu’une solution durable soit trouvée. Sur le plan purement technique, le traitement qui va être fait sur ces routes va leur permettre d’offrir un niveau de service appréciable pendant 15 ans encore. Nous avons aussi, ce patrimoine pour lequel l’Etat a consenti des efforts de financement importants, et qui, si l’intervention allait encore tarder, serait à reconstruire.
 
C’est un total de 9 chantiers qui sont concernés ; ce qui peut paraitre dérisoire au regard de l’importante demande en infrastructures routières au niveau national. Quels sont les paramètres qui ont présidé au choix de ces axes routiers ?
Les axes routiers choisis sont ceux sur lesquels, l’activité économique du Cameroun et des pays voisins, s’articule. Ce sont des axes routiers structurants.
 
On sait aujourd’hui que c’est une procédure d’urgence qui encadre l’attribution des marchés relatifs à ce programme. Comment s’est déroulée la sélection  des entreprises devant réaliser ces travaux ?
Les propositions d’attribution que j’ai faites au Premier ministre, autorités des marchés publics, répondaient à un souci d’efficacité, de performance et de célérité, surtout qu’il fallait tenir compte du caractère urgent et spécial de l’opération.
De ce fait, les critères suivants ont prévalu : la capacité des entreprises à préfinancer les travaux avant la finalisation des contrats qui leur donnent accès au paiement des décomptes ; la capacité technique de  déploiement sur le terrain en prenant en compte, le plan de charge des entreprises, dont le fichier est tenu au ministère des Travaux publics. Voilà de manière succincte, quelques critères importants qui ont présidé au choix des entreprises retenues pour ce programme spécial d’urgence.
 
Pouvez-vous, au stade actuel, rassurer les Camerounais sur les aspects liés à la transparence dans la gestion de ce dossier ?
Tout se passe bien et les Camerounais peuvent être rassurés que les très hautes instructions du chef de l’Etat seront exécutées. Le programme est à ce jour en train de se mettre en route et je veillerai pour qu’il soit exécuté à la satisfaction des usagers de ces grands axes routiers.
 
On a néanmoins entendu des grincements de dents de quelques Camerounais qui estiment que dans cette opération, l’expertise locale et les entreprises nationales ont été ignorées. Qu’en est-il ?
L’expertise locale et  les entreprises nationales n’ont pas été ignorées. A titre d’exemple, tout le programme de réhabilitation des routes en terre est assuré par les PME et entreprises locales pour un montant d’environ 14 milliards de Francs CFA.
 
Concrètement, Monsieur le ministre, de combien de temps disposent les entreprises concernées pour livrer les chantiers ?
Le programme spécial d’urgence s’exécute de manière globale entre 14 et 24 mois selon les projets. Il s’étale ainsi sur les 02 (deux) années : 2012 et 2013.
 
Le programme d’urgence n’occulte pas les projets inscrits dans votre feuille de route au cours du présent exercice budgétaire. Quels sont ces projets pour le MINTP ? 
Le programme spécial va s’exécuter, comme je l’ai dit, sur 02 (deux) ans en même temps que nous exécutons la feuille de route du département.
 
Vous avez trouvé sur votre table, certains dossiers dont celui de la construction  de l’axe Ayos-Bonis et d’autres relatifs aux projets d’infrastructures routières démarrés à Ebolowa, à la faveur de la tenue du comice agro-pastoral ; des projets qui avaient quelques difficultés. Quelle est la situation sur le terrain ? 
La construction de la route Ayos – Bonis est en cours et si les prévisions sont respectées, les travaux étaient prévus pour s’achever  le 31 mars 2012. Mais, des informations en notre possession font état de ce que c’est en fin avril courant-début mai que le bitumage de cette route sera achevé. Les travaux de construction d’infrastructures routières démarrés à Ebolowa ne sont pas encore achevés. A ce sujet, il se pose un problème de paiement des décomptes de l’entreprise SOGEA-SATOM. L’entreprise a arrêté les travaux et compte les achever dès que ses décomptes connaissent un début de paiement. J’ai d’ailleurs, dans ce sens, saisi les ministres de l’Agriculture et des Finances pour trouver une solution  à ce problème. Ces derniers m’ont rassuré que les dispositions sont entrain d’être prises pour le règlement des décomptes impayés.
 
A l’ouverture du comice agropastoral d’Ebolowa, le chef de l’Etat avait annoncé le désenclavement de plusieurs bassins de production agricole. Qu’allez-vous faire dans ce cadre là en 2012 ?
Dans le cadre du désenclavement des bassins de production agricole, le ministère des Travaux entend, au cours de l’année 2012 poursuivre et achever  les projets entamés depuis l’exercice précédent  et passer de nouveaux marchés en vue d’améliorer l’état de notre réseau des routes rurales.
A titre d’illustration, un programme d’entretien périodique portant sur près de 700 km de piste de désenclavement est en cours de démarrage. Ces routes sont réparties dans les dix régions du pays et concernent prioritairement les bassins de production agricole.
Dans le même ordre d’idées, une étude de bitumage des bassins agropastoraux de la région de l’Ouest est en cours d’exécution concernant plus de 200 km de routes ;  les travaux de construction de ces axes seront programmés en principe dès que les résultats de cette étude seront disponibles.
Pour le programme d’entretien courant des routes rurales prioritaires, dont les travaux ont débuté en novembre 2011 après la saison des pluies, c’est environ 3500 km de routes qui seront entretenues avant la fin de l’exercice en cours.
Par ailleurs, depuis quelques années, le ministère des Travaux publics a engagé des travaux d’entretien et de réhabilitation de certaines routes rurales par le biais des conventions de régie déléguée avec les Sociétés de Développement.
En effet, il est question de mettre à la disposition desdites Sociétés des moyens financiers pour qu’elles aident à entretenir les routes rurales situées dans le voisinage de leur zone d’intervention. On peut citer : la Sodecoton, la Sodecao, la Soweda, l’Unvda, le Ceneema et la Mideno. Depuis la mise en œuvre de ce programme (2007), plus de 1500 km de piste de désenclavement ont été réhabilitées. Ce programme va se poursuivre et s’intensifier en 2012.
Sur un autre plan, le ministère des Travaux publics s’est doté récemment d’un important parc de matériels de génie civil. Cette dotation sera d’un appui important dans notre secteur de construction et d’entretien routiers, et permettra non seulement d’appuyer nos PME mais également nos services déconcentrés pour des interventions d’urgence qui seront prioritairement concentrées sur les pistes de collectes.
En plus de ces projets, il faut relever également que plusieurs autres projets portant sur le désenclavement des bassins agropastoraux vont bientôt démarrer. Certains vont être exécutés par les services déconcentrés et pour lesquels des délégations de crédits ont déjà été effectuées, et les appels d’offres sont en cours de finalisation pour les autres. On peut citer : la poursuite de l’ouverture de la route Esu-Furu Awa. Des ressources sont prévues pour l’achèvement des travaux d’ouverture jusqu’à la frontière du Nigéria. Parallèlement, une étude pour la construction d’un pont de portée 100 ml est envisagée cette année sur la rivière Katsena Ala dont l’aboutissement viendra parachever le désenclavement total de cette unité administrative frontalière ; la poursuite des travaux de réhabilitation de la route Benakuma-Baouro-Akwaya ; la construction de la route Mamfe-Akwaya dont le coût a été évalué à près de 20 milliards de francs CFA et qui n’attend plus que le financement pour le démarrage effectif ; l’intervention permanente sur la route Mundemba-Isangele-Akwa grâce à un partenariat avec le Génie militaire qui permet d’entretenir cet important axe routier de la péninsule de Bakassi.

Interview : Simon Meyanga

Simon Meyanga

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