« Rassemblement Démocratique 
du Peuple Camerounais »

19/10/2018 - 12:28
Agriculture : Le temps de la relance - Paul Biya : «Nous devons évoluer vers une agriculture de seconde génération»
Paul Biya
Paul Biya - «Nous devons évoluer vers une agriculture de seconde génération»
Benjamin LIPAWING

« … Le Cameroun compte avant tout sur le secteur primaire, notamment l’agriculture, l’élevage, la pêche et l’artisanat, pour devenir, à l’horizon 2035, un pays émergent »

« L’agriculture, au sens le plus large –c’est-à-dire complétée par l’élevage et la pêche– est la véritable richesse de notre pays et que les recettes minières et du pétrole, aussi utiles qu’elles soient, ne peuvent être la seule base de notre développement. Est-il vraiment nécessaire de rappeler ce que sont nos potentialités dans le domaine agro-pastoral ? Vastes espaces terrestres ou maritimes exploitables, climats généralement favorables, fertilité des sols, variétés végétales nombreuses, main d’oeuvre industrieuse et laborieuse, et j’en passe »

« Notre agriculture entendue au sens large (…) doit nourrir notre population ou, en d’autres termes, assurer notre autosuffisance alimentaire. Est-ce le cas ? En principe oui, mais dans la pratique les choses sont un peu différentes. Quelques-unes de nos régions sont encore tributaires de l’aide alimentaire. Certaines productions connaissent des pénuries. Résultats : la spéculation intervient et les prix augmentent, rendant ces denrées inaccessibles pour les plus démunis » 

« Dans un pays comme le nôtre où 60 % de la population vit de l’agriculture, celle-ci devrait être le premier pourvoyeur d’emplois. Or, nous savons que beaucoup de ruraux – les jeunes notamment– trouvent difficilement à s’employer et, attirés par les « lumières de la ville », nourrissent l’exode rural » 

« La capacité de production de notre agriculture reste fortement sous-exploitée, ce qui ne lui permet pas d’avoir dans notre économie la place qui lui revient et, par voie de conséquence, de contribuer au relèvement du niveau de vie des populations concernées. Il y a là une des raisons de la stagnation de notre indice de développement humain et de notre retard sur la voie des Objectifs du Millénaire » 

« L’insuffisance de certaines productions, comme le riz, le maïs, le sucre, le poisson nous oblige à en importer d’importantes quantités, ce qui déséquilibre gravement notre commerce extérieur. Or nous pourrions sans difficultés produire davantage de ces denrées ou leur substituer des produits locaux, comme le plantain, le manioc ou d’autres tubercules »

Nous devrions produire beaucoup plus de céréales pour éviter d’avoir à en importer »

« Nous avons consacré, en 2009, 500 milliards de FCFA pour l’importation de la farine, du riz et du poisson, soit 7 fois plus qu’en 1994 ! Nous devons absolument nous libérer de cette dépendance. (…) l’Afrique ne doit plus importer pour manger »

« Augmenter les productions déficitaires et améliorer nos voies de communications avec les zones rurales doivent être désormais considérées comme d’urgentes priorités »

« J’observe que nous importons chaque année des contingents non négligeables de sucre et d’huile de palme alors que nous disposons de vastes espaces propres à ces cultures.

Il me paraît également que nous pourrions étendre nos plantations d’hévéa et de banane, créatrices de rentrées de devises et d’emplois, et relancer la culture du coton pour répondre à une augmentation prévisible de la consommation mondiale qui commence à se manifester. J’ai l’impression que dans ces secteurs nous faisons preuve d’une timidité que je trouve excessive »

« La viande de boeuf, de petits ruminants et de porc atteint des tonnages appréciables. Mais la progression la plus remarquable concerne la volaille, ce qui a eu pour effet d’en réduire considérablement les importations. Cette constatation est intéressante dans la mesure où elle fait apparaître qu’une augmentation de notre production nationale entraîne presque automatiquement une réduction des importations (…) Mais je suis sûr que pour l’ensemble de ces secteurs, il y a encore des marges importantes de progression » 

« Il s’agissait, d’avancer dans la voie de la modernisation de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche traditionnels afin d’accroître la production et la productivité des petites exploitations et de favoriser l’émergence d’unités de production de « seconde génération », c’est-à-dire d’entreprises de moyenne et grande taille respectueuses de l’environnement»

« De très nombreuses actions ont été lancées à cette fin par les pouvoirs publics, actions qui touchent aussi bien à la formation, aux coopératives qu’à l’appui aux sociétés de développement agricole et à la micro-finance rurale, pour ne citer que celles-là. A côté de ces actions de base en quelque sorte, il convient de mentionner les grands projets ou programmes, nombreux eux aussi, qui concernent les problèmes transversaux du secteur rural. On peut citer le programme d’appui au développement de la compétitivité des filières agro-pastorales et halieutiques ou le programme national de vulgarisation et de recherche agricoles, parmi d’autres »

« Le moment est donc venu de mettre en pratique de manière résolue la grande politique agricole que j’ai souvent publiquement appelée de mes voeux. J’engage les départements ministériels concernés dans cette voie, toutes affaires cessantes et je veux des résultats substantiels »

NB : extraits du discours du président de la République, S.E. Paul Biya lors de la cérémonie d’ouverture du comice agro-pastoral d’Ebolowa, le 17 janvier 2011
«Nous devons évoluer vers une agriculture de seconde génération»