« Rassemblement Démocratique 
du Peuple Camerounais »

20/04/2018 - 23:37
Présidentielle française
Présidentielle française
Les enjeux pour l’Afrique

09 mai 2012

L’élection de François Hollande, le 06 mai 2012 comme nouveau président
de la France suscite des interrogations sur la nouvelle politique
africaine de la France.

Rupture ou continuité de la politique africaine de la France ? Ainsi pourrait-on s’interroger avec le retour triomphant des socialistes à l’Elysée, 31 ans après la partition jouée par François Mitterrand, premier président socialiste en France.  Sur le continent, d’aucuns se sont laissés bercer par la rhétorique du changement portée par le nouveau président socialiste, espérant que sa victoire pourrait avoir un impact dans les relations franco-africaines. « Je ne garderai pas de relations paternalistes avec l’Afrique », a déclaré François Hollande.
Cependant, c’est vite oublier l’histoire.  L’on se souvient en effet que dans les mêmes circonstances, son prédécesseur, Nicolas Sarkozy avait tenu un discours  analogue, avant d’être rattrapé par la réalité. Comme quoi, la rupture d’avec l’ère Sarkozy  attendue  en matière de politique interne, ne pourrait rester qu’une vue de l’esprit en ce qui concerne l’axe France-Afrique. Il n’y a qu’à voir la constance de tous les présidents de la Vè République sur les principes de la politique étrangère de la France orientés vers la liberté, la démocratie avec en toile de fond la défense et la protection des intérêts économiques  français où  qu’ils soient.
En matière de démocratie, certes la France ne veut pas s’ingérer dans les affaires qui relèvent de la politique intérieure des Etats, perçu comme une forme de colonialisme subtile dont le but est de faire des leçons aux Etats africains et à leurs dirigeants. D’autant plus que la promotion de la démocratie, telle qu’elle aurait pu être prise en charge par les Etats, s’est toujours heurtée à un principe fondamental du droit international voulant que les Etats et les organisations internationales s’abstiennent de toute intervention dans les affaires intérieures des autres Etats.
C’est la raison pour laquelle tous les dirigeants français ne se déconnectent pas du discours de la Baule,  prononcé par François Mitterrand le 20 juin 1990, dans le cadre de la 16è conférence des chefs d’Etat d’Afrique et de France, qui marque un tournant décisif dans les relations entre la France et l’Afrique.  Du reste, le vent de liberté qui a soufflé à l’Est devra inévitablement souffler un jour en direction du Sud (...) « Il n’y a pas de développement sans démocratie et il n’y a pas de démocratie sans développement », reconnaissait l’ancien président. A cet égard, l’aide française aux pays africains est conditionnée par les avancées dans le processus démocratique. En témoigne le soutien qu’a apporté la France au cours des dernières décennies aux Etats engagés dans la voie de la démocratie, aussi bien dans le cadre de la coopération bilatérale qu’à travers l’Union européenne. C’est donc se tromper que de penser que le président François Hollande passera outre les enjeux économiques, militaires, culturels et démocratiques de la France dans ses rapports avec l’Afrique.  Du coup, à  la flexibilité annoncée de la politique d’immigration pour promouvoir  la langue et le savoir français, se greffe une inflexibilité en matière de promotion de la démocratie. Cette levée de bouclier sur la stigmatisation de l’immigration par son prédécesseur a valu au président Hollande le ralliement de plusieurs français d’origine africaine qui ont des raisons d’espérer et de croire en l’avenir.  Quoique sur le terrain démocratique, la position du socialiste demeure sans équivoque : « si je suis élu, je n’accepterai pas d’élections frauduleuses », disait-il à la veille du scrutin. Une posture qui, en apparence, ne souffre d’aucune objection. Pour autant, tous les peuples y compris africains sont, de plus en plus, attachés à leurs souverainetés et espèrent plus un partenariat d’égal à égal qu’une relation paternaliste avec la France. Une France qui fort de son statut de 5è puissance mondiale, gagnerait à jouer un rôle déterminant en vue de faire passer les réformes attendues par les africains au sein des  instances internationales.

Joseph Wylphrid Mikoas

Joseph Wylphrid Mikoas

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