22 February 2012
Elle permettra de cultiver sur de grandes surfaces avec une réduction de
la pénibilité au travail, une plus grande productivité et de meilleure
qualité.
Les statistiques de la Fao ne sont pas du tout rassurantes : moins de 1% des surfaces arables au Cameroun sont exploitées ; le ratio d’utilisation des engrais est de 7,3kg par hectare. Plus grave, le taux de mécanisation agricole n’est que de 0,1 tracteur pour mille hectares. L’explication tient de ce que l’agriculture camerounaise est jusqu’à ce jour restée traditionnelle. Pratiquée sur de petites surfaces, avec un outillage obsolète, une faible productivité, elle est une agriculture de subsistance et inappropriée à l’exportation.
Dans le but d’améliorer cette situation peu avantageuse, le Cameroun a lancé en 2007 une étude sur l’état des lieux de la mécanisation agricole, réalisée par le Centre National d’Etudes et d’Expérimentation de Machinisme Agricole (Ceneema), avec l’appui de la FAO. Selon cette étude, en dehors des exploitations de moyenne et grande importance, l’agriculture itinérante sur brûlis reste le système d’utilisation des terres le plus répandu et le plus pratiqué par les petits paysans. Le matériel de production utilisé par ceux-ci est encore manuel à 92%. La motorisation touche à peine 2,4% des exploitations agricoles dont moins de 2% disposent d’un matériel de transformation quelconque.
A la suite de cette étude, le gouvernement camerounais en partenariat avec l’Organisation des nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (Fao), a élaboré une politique de modernisation de son agriculture adossée sur une stratégie de mécanisation agricole (Sma). Ce projet signé entre le gouvernement camerounais et la FAO le 10 mars 2009, se donne pour principaux objectifs : la formation et l’installation des jeunes agriculteurs, le renforcement en mécanisation agricole dans les écoles d’agriculture, le développement de la culture attelée, le développement des unités de montage de tracteurs et machines agricoles, la formation et l’installation des artisans ruraux etc.
La Sma révèle trois axes stratégiques d’action. Le premier consiste en un renforcement de la capacité d’offre des équipements et des services de mécanisation agricole. Il vise prioritairement le développement du secteur privé du machinisme agricole, pour qu’il soit à mesure de fournir aux paysans les équipements nécessaires, de manière durable. Cet axe comprend trois objectifs : faciliter l’importation de matériel agricole, structurer et renforcer la production locale des machines et outils agricoles et promouvoir l’offre des services de mécanisation. L’appui à l’intensification de l’utilisation des équipements agricoles et l’aménagement des terres dans des pôles de production constitue le deuxième axe stratégique. Il y a ici un souci d’améliorer la production, grâce à des subventions de l’Etat au profit des exploitants nationaux. En troisième position, la stratégie préconise le renforcement des structures de l’Etat en charge de la mécanisation.
Dans la mécanisation il y a donc trois acteurs : les agriculteurs qui représentent la demande, le secteur privé, chargé de soutenir l’offre, et l’environnement institutionnel.
L’Etat compte notamment augmenter les terres cultivées et disposer de 0,3 tracteur pour 1000 hectares en 2015. Ce qui suppose une introduction de 410 tracteurs de diverses puissances dans les exploitations chaque année. Au finish, les efforts du gouvernement aboutiront à la mise en place d’un Conseil national de la mécanisation, qui regroupera tous les acteurs intervenants plus ou moins dans l’agriculture.
Cependant, en l’absence d’une évaluation chiffrée de cette stratégie, l’on ne sait pas encore combien coûtera la mécanisation, et qui du secteur public ou privé financera cette opération. Toutefois, il est question d’accorder de l’importance à l’investissement qui pour le moment, est un luxe pour nos agriculteurs, car n’ayant pas accès aux crédits dans les banques classiques. D’où la nécessité de réduire les coûts des machines agricoles, le gouvernement s’est engagé à améliorer l’agriculture pour la faire passer à celle de seconde génération, comme l’a dit le chef de l’Etat lui-même.
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