05-09-2010
Accueil arrow Action N° 662 arrow Obsèques : Ferdinand Oyono, le dernier acte


 
Obsèques : Ferdinand Oyono, le dernier acte Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

L’ambassadeur itinérant décédé le 10 juin 2010 a été conduit à sa dernière demeure samedi, 25 juin dernier à Ngoazip I, son village natal.
C’est autour de 15 heures que la terre de Ngoazip I, petite bourgade de l’arrondissement de Biwong-Mbané, dans le département de la Mvila, au Sud du Cameroun s’est refermée sur Ferdinand Léopold Oyono.

Le voyage vers l’éternité de l’ambassadeur itinérant décédé le 10 juin dernier à Yaoundé, entamé le 24 juin avec la levée de corps et la mise en bière à la morgue de l’hôpital général de la capital arrivait ainsi à son terme. Au-delà des filles et fils de la région du Sud Cameroun, c’est pratiquement le pays tout entier qui s’est déporté à Ngoazip I pour accompagner ce digne fils du Cameroun, ce « grand commis de l’Etat » à sa dernière demeure. Et les obsèques officielles décidées par le chef de l’Etat, personnellement représenté par le vice-Premier ministre, ministre de la Justice Garde des sceaux n’étaient pas la moindre des preuves que le Cameroun reconnaissant, perdait en Ferdinand Léopold Oyono, « un éminent compatriote, un haut commis de l’Etat dont l’engagement au service de son pays s’est exprimé avec une abnégation exceptionnelle et un sens des responsabilités rarement pris à défaut, le tout fondé sur la très haute idée qu’il se faisait du Cameroun ».

Ces propos du vice-Premier ministre, Amadou Ali, prononcés au cours de l’éloge funèbre venaient ainsi s’ajouter à une multitude de témoignages et autres messages dont celui du chef de l’Etat  et madame Biya, unanimes sur le parcours multidimensionnel, atypique et le caractère exceptionnel de l’illustre disparu qui laisse dernière lui, un immense héritage à la fois culturel, administratif, diplomatique et social. Et c’est sans exagération que le représentant du chef de l’Etat a affirmé que « c’est une bibliothèque contenant une part irremplaçable de notre histoire commune qui vient de partir en fumée, un homme d’une très grande culture qui parlait avec autorité de l’histoire, de la diplomatie, de la philosophie et de la politique ».

Fils du Cameroun certes, Ferdinand Léopold Oyono était d’abord, par la force des choses, fils de la région du Sud. Fils du département de la Mvila qui portent le deuil. Depuis Ngoulemakong chez ses oncles maternelles, jusqu’à Ngoazip I, en passant par Ebolowa et Ma’an me nyin par Biyong-Mbané, les populations, oncles, frères et soeurs du défunt ont tenu, à travers des banderoles, à exprimer leur chagrin et à rendre un vibrant hommage à Ferdinand Léopold Oyono pour tout ce qu’il a fait en leur faveur. Lesquelles sont d’ailleurs venues nombreuses à pied, à voiture ou à moto dire adieux à leur frère, à leur fils et à leur ami, nonobstant un temps morose. A Ngoazip I, on l’a dit et répété, Ferdinand Léopold Oyono était un homme aux actions multiples. « Il n’y a  aucune œuvre sociale ici qui ne porte son empreinte », a relevé le représentant de la famille.

MilitantismeCôté officiels, outre le représentant personnel du chef de l’Etat arrivé aux à l’entours de 10h50 mn sous des honneurs militaires, il y a avait entre autres à Ngoazip I, une bonne brochette de membres du gouvernement et une imposante délégation du Comité central du RDPC conduite par le Secrétaire général du Comité central en personne. René Sadi qui a déposé près de la chapelle ardente, la gerbe de fleur du Comité central, en reconnaissance du militantisme et de l’engagement de Ferdinand Léopold Oyono à servir le RDPC et son chef, le président Paul Biya. En effet, le parti n’a jamais oublié son apport au succès des candidats du RDPC au cours de plusieurs consultations électorales, soit comme coordonnateur de la campagne électorale du candidat Paul Biya à l’élection présidentielle de 2004 dans le Sud, soit comme président de la commission départementale de campagne dans la Mvila qui, jusqu’ici, s’est révélé être l’un des bastions du parti au pouvoir.

Témoignages unanimes, on l’a dit, le message de condoléances du président de la République et son épouse lu par le préfet de la Mvila apparaissait d’autant plus touchant que le chef de l’Etat dit partager la peine de la famille, allant jusqu’à avouer ce qui n’était qu’un secret de polichinelle, en parlant de Ferdinand Léopold Oyono : « Il était aussi mon ami ». Pour le chef de l’Etat, Ferdinand Léopold Oyono était « un grand serviteur du Cameroun, un grand écrivain (…), un fin diplomate [qui] a représenté avec une très grande distinction notre pays à l’étranger (…), un collaborateur très proche, précieux et fidèle (…) ». Et, au nom de cet « ami », de ce « compagnon de longue date », le chef de l’Etat a rappelé à la veuve éplorée, « vous n’êtes pas seules dans cette dure épreuve (…) nous partageons votre peine plus que nous ne pourrions l’écrire ».

Dans son homélie de circonstance, Mgr Jean Mbarga, évêque d’Ebolowa a exprimé la gratitude de l’église à Ferdinand Léopold Oyono, pour « son constant soutien ». Le prélat a relevé que « Ferdinand Léopold Oyono assumait sa place de fidèle engagé en contribuant au fonctionnement de l’église ». « Grand Ferdinand Léopold Oyono, tu as tout donné, tu as su donner », a-t-il affirmé, avant de rendre grâce à Dieu et à cette terre du Sud qui a donné Ferdinand Léopold Oyono, « une figure immortelle » dont le nom restera gravé en lettres d’or parmi les « génie », les « illustres fils », du Sud et du Cameroun, élevé à la dignité de Grand cordon de l’ordre du mérité camerounais à titre posthume.

Simon Meyanga, envoyé spécial à Ngoazip I

 
< Précédent   Suivant >
 

Le Président National

Toutes les Unes

Sondage

Comment trouvez-vous le journal l'Action ?
 

Recherche

Choix de Langue

Editions de l'Action

La Une de L'Action n° 718

Identification






Mot de passe oublié ?
Pas encore de compte ? Enregistrez-vous

Qui est en ligne

Il y a actuellement 9 invités en ligne