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Les ministres des finances de la zone franc ont notamment réfléchi sur les voies et moyens de financer les petites et moyennes entreprises industries.
Le sujet ne figure pas à l’ordre du jour de la réunion des ministres des finances de la zone francs qui s’est achevée hier à l’hôtel Hilton de Yaoundé. Les financiers de la zone francs ont plutôt choisi de parler entre autres du développement de l’offre énergétique, la mobilisation de l’épargne des migrants au service du développement, l’appui au développement des entreprises (PME/PMI africaines), la convergence des économies de la zone franc, la crise déclenchée par la hausse des prix des denrées alimentaires, etc.
Pourtant, sans être obligé de devoir lire dans une boule de cristal, on
devine aisément que les participants à cette réunion n’ont pas ausculté
les sujets liés à la crise financière internationale. Ce d’autant que
les autorités économiques et politiques reconnaissent qu’il n’existe
pas de risque zéro.
En d’autres termes, même si selon les dires du ministre des Finances,
notre niveau de développement ne nous porte pas encore au-delà de nos
frontières, Essimi Menye reconnaît que nous devons nous inquiéter parce
que les cours devraient évoluer du fait de crise financière qui sévit à
l’international. En plus de cela, les pays africains risquent d’être
confrontés à la contraction du crédit, consécutive à cette crise. D’où
la crainte pour l’appui au développement des entreprises, exprimé dans
les préoccupations de ce séminaire.
C’est d’ailleurs pourquoi mardi 7 octobre 2008, lors de la cérémonie
d’ouverture solennelle, le Premier ministre, chef du gouvernement a
reconnu le fort lien des sujets avec l’actualité « qui se situent dans
la lignée des efforts commis par le gouvernement camerounais pour
améliorer le quotidien des camerounais. »
Chief Inoni Ephraim n’en doutait pas, les efforts des ministres des
finances de la zone franc pour apporter un appui au développement des
entreprises seraient décisifs dans l’effort du gouvernement d’améliorer
le quotidien des camerounais. Car si l’importance des PME/PMI dans la
structuration et le dynamisme du tissu économique fait l’objet d’un
large consensus, il est autant vrai qu’en Afrique, cette catégorie
d’acteurs économiques reste particulièrement mal connu, dans la mesure
où elle opère très largement dans le secteur informel. Les chiffres de
la Banque mondiale et de l’organisation internationale du travail
indiquent que le secteur informel pourrait représenter environ 50% du
PIB de l’Afrique subsaharienne, 72% de l’emploi non agricole et près de
90% de l’emploi total dans certains pays de la région.
Conséquence, les PME/PMI éprouvent des difficultés à se faire
reconnaître, donc financer par le secteur financier. Les financements
bancaires du secteur s’établissent entre 10 et 20% du PIB. Elles ne
peuvent par conséquent accéder au niveau de compétitivité qui leur
permettrait de se développer. Il faut donc une véritable volonté
politique. Le soutien au développement des PME/PMI passe donc par un
passage à l’économie formelle : aide à la création d’entreprises, accès
au financement formel, simplification des procédures administratives,
etc. les pouvoirs publics ont la possibilité d’influer de manière
décisive sur les paramètres de décision d’octroi des crédits. D’une
part, ils peuvent limiter les risques en s’engageant dans un effort de
transparence et de simplification des procédures comptables et des
procédures d’enregistrement. En outre, les politiques publiques peuvent
exercer un rôle majeur de stimulation des rendements des
investissements. Nul doute que les recommandations des ministres des
finances de la zone franc iront dans ce sens.
Serge Williams Fotso
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