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Biya…
Le président de la République a de très nombreux homonymes à Matomb. Quelques-uns sont venus s’acquitter de leur devoir civique à l’occasion des municipales partielles : Biya Minlend, Biya II Jean-Jacques, Biya Jean Calvin, Biya Célestin… Vu le score écrasant réalisé par le RDPC, il est loisible de pronostiquer le choix électoral des homonymes de l’illustre homme. Car il serait incongru qu’un Biya vote pour l’UPC. Même si, démocratie oblige, le vote est libre et personnel.
La preuve, à Matomb, certains foyers sont divisés pendant les
élections : papa vote RDPC, maman est fan de l’UPC et les enfants sont
désemparés. Avec la défaite de l’UPC, papa va ramer pour convaincre
maman…
Avocat-cameraman
Me Nouga est un avocat talentueux. Mais ce qu’on ignorait est qu’il a
un autre talent caché : c’est un redoutable cameraman. Le militant de
l’UPC a invité les journalistes à visionner une curieuse vidéo. Des
reporters et des badauds avides de spectacle ont formé un attroupement
en pleine chaussée. La vidéo mettait en scène un individu empoigné par
deux autres individus. Puis quelques secondes plus tard, l’homme
remettait un bout de papier rouge à ses agresseurs. Commentaire de
l’avocat-reporter-cameraman-cinéaste-réalisateur Nouga : « On a
contraint l’homme que vous venez de voir à nous remettre un bulletin de
l’UPC qui devait lui rapporter de l’argent auprès de son commanditaire
du RDPC. » Interrogé sur la légalité de l’acte, Me Nouga retrouve sa
vivacité d’homme de prétoire : « C’est une démarche parfaitement
légale. Le nouveau code de procédure pénale donne le droit à chaque
citoyen qui surprend quelqu’un en flagrant délit de commission d’une
infraction, de le saisir et de le mettre à la disposition des autorités
compétentes. » Oui, mais au RDPC on soutient que cette vidéo est un
« grossier montage ». Car « le faux électeur de la vidéo était en fait
un vrai militant de l’UPC. » La place de Me Nouga n’est plus dans les
prétoires. Il doit poser ses valises à Hollywood.
Sac d’argent
Il ne faisait pas bon avoir de l’argent dans ses poches ou dans son sac
à Matomb. Le risque était grand de se faire prendre par les gros bras
de l’UPC. Témoignage d’un cadre de l’UPC au siège local de
l’Observatoire national des élections (ONEL). Ce militant exceptionnel
qui a des rayons laser ou infrarouge à la place des yeux, a pu
percevoir des billets de banque dans le sac d’une dame. « Elle va de
maison en maison pour distribuer de l’argent afin de conditionner les
électeurs », soutient l’homme aux yeux lasers. En plus de lire dans les
enveloppes, il a des dons divinatoires : il est capable de savoir ce
que chacun d’entre nous va faire de son argent dans les prochaines
minutes. « Combien avez-vous dans votre sac ou dans vos poches ? », lui
demande un contradicteur du RDPC. Là l’homme devient aveugle, sourd et
aphone. Peut-être ce type n’avait-il aucun sou dans sa poche.
Rassemblés par I.E. |