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Pour ce faire, la Vision de développement prévoit de soigner les
indicateurs économiques. Taux de croissance, taux d’investissement,
exportations, industrialisation, etc. "La solution est d’atteindre un taux d’investissement
représentant 24,1% du PIB en 2015. Ce sera la conséquence d’une
amélioration de l’investissement d’Etat par une maîtrise de la dépense
publique en qualité et en quantité."

Le
plan de développement du Cameroun horizon 25-30 ans est très précis sur
les prétentions économiques du pays. Pour éradiquer la pauvreté d’ici à
2015, intégrer le rang des pays à revenus intermédiaires, devenir un
nouveau pays industrialisé, puis émergent en 2040 le Cameroun se fixe
des buts qui visent, à terme, à transformer l’économie nationale.
D’abord
la productivité. Actuellement, l’économie est noyautée par des petites
activités de bout de filières telles que l’agriculture, les services,
le commerce. Conséquence, la chaîne de production présente une grave
discontinuité. Les secteurs primaire et tertiaire y sont prééminents,
alors que le secteur secondaire, celui de la transformation, est à la
traîne. C’est pourtant lui qui est porteur de croissance dans les pays
développés. En l’état actuel, les secteurs primaire et tertiaire
représentent 81,5% du PIB et emploient 90% de la main d’œuvre. Le
secteur secondaire c’est seulement 18,5% du PIB. Actuellement accaparé
par les puissances industrielles, le secteur secondaire développera un
noyau industriel, moteur de la croissance. En 2015, ce secteur devra
passer à 36% du PIB, soit un doublement en moins de dix ans.
L’investissement
devra être une arme de la croissance. Seuls 18% du PIB actuel y sont
consacrés. Une faiblesse qui se double d’une moindre capacité à capter
les investissements directs étrangers (IDE). La solution est
d’atteindre un taux d’investissement représentant 24,1% du PIB en 2015.
Ce sera la conséquence d’une amélioration de l’investissement d’Etat
par une maîtrise de la dépense publique en qualité et en quantité. Le
Cameroun entend aussi modifier la structure des échanges extérieurs.
Pour le moment, le Cameroun importe pratiquement tous les produits de
consommation et n’exporte que le pétrole (50,7%) et des produits de
rente (20,5%). Les exportations des produits manufacturés ne
représentent que 8,7%. A contrario, le pays importe 62,9% des produits
finis. L’objectif est le rééquilibrage de ces échanges commerciaux. La
Vision stratégique prévoit que le Cameroun a, à terme, réussi « à
capturer les segments productifs où le pays affirme une certaine
hégémonie régionale voire mondiale. C’est ainsi qu’il a réussi à
valoriser son gigantesque potentiel hydroélectrique et fournit
l’électricité à tous les pays du golfe de Guinée et du Sahel.
De
manière générale, la réalisation du plan de développement exige de
fortes performances économiques. Il est question, avec des taux de
croissance bien au-delà des 7% (requis pour les Objectifs du Millénaire
pour le développement), de partir d’un revenu par habitant de 611,1 à
2947,8 dollars en 2040. La Vision compte alors sur un taux de
croissance démographique maîtrisé à 1,5%, au lieu des 2,8% actuels :
« Le progrès social s’accompagne généralement d’une réduction de la natalité. »
Le
programme de développement des infrastructures est ambitieux. Il veut
tripler la fraction du réseau routier bitumé, soit une évolution de 10%
actuellement à 30% en 2040. Donc 15.000 km de routes asphaltées sur
50.000 km de linéaire. Les lignes téléphoniques sont vouées à
quintupler, progressant de 6,7 à 30 lignes pour 1000 habitants. La
consommation de l’énergie électrique devra être doublée et le taux
d’accès à l’eau potable relevé de 50% à 75% de la population.
Dans
sa mise en œuvre, la Vision de développement a prévu quatre étapes. La
première concerne le renforcement de la croissance. Elle passe par la
mise en branle des études réalisées sur les filières industrielles. Par
exemple, il faut lancer le programme de développement des intrants
agricoles, la préfaisabilité des Aciéries de Kribi, un chantier de
construction navale, le programme de reconversion économique de la
filière banane plantain, la préfaisabilité d’une chaîne de montage de
véhicules légers, etc.
La
phase 2 vise la réalisation des OMD à l’horizon 2017. Il faut pour cela
rattraper des retards. Notamment en réalisant l’autoroute 2x3
Douala-Yaoundé, les ports en eau profonde de Kribi et Limbe, le second
pont sur le Wouri, 10.000 logements et 50.000 parcelles, les
infrastructures ferroviaires, les voies navigables Douala-Yabassi et
Abong-Mbang-Mbalmayo, les barrages de Memve’ele et de Lom Pangar, les
centrales de Natchigal et de Bini, etc. La troisième étape vise à jeter
les jalons de l’industrialisation. La dernière phase consiste à
consolider ces acquis. Il faudra alors atteindre et renforcer le plein
essor du développement des filières industrielles.
Parfait Siki
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