|
Du primaire au supérieur en passant par
l’enseignement secondaire public, l’Etat, sur instruction du président
Paul Biya, a recruté des milliers d’enseignants pour tenter de résorber
le déficit signalé dans chacun des ordres d’enseignement, et
d’atteindre les objectifs du millénaire dans le domaine de l’éducation.
De tous les ordres d’enseignement, le primaire
public est certainement de loin, celui dans lequel, l’Etat s’est
davantage investi dans le recrutement des enseignants.

C’est en fait, en 2007 qu’à démarré la première
phase de contractualisation des instituteurs. Dans cette première
vague, 13.300 instituteurs dont 10.311 instituteurs vacataires et 2.989
maîtres des parents ont vu leurs dossiers aboutir, au grand bonheur de
nombreux jeunes Camerounais qui avaient du braver des années de chômage.
La seconde phase de l’opération comptant pour la tranche annuelle 2008
a quelque peu été avancée avec le recrutement début 2007, de 5500
autres instituteurs, ce qui portait alors à 18.800, l’effectif des
instituteurs déjà recrutés par les pouvoirs publics, avec le concours
des partenaires au développement dont la Banque mondiale et l’Agence
française de développement.
Après deux phases de recrutement qui ont donné de l’emploi à des
milliers de jeunes Camerounais, il y a eu les malheureux événements de
février 2008 qui, globalement, posaient le problème des conditions de
vie des compatriotes du président Paul Biya. La réaction du Chef de
l’Etat n’a pas tardé. Dans une série de mesures qui sont apparu comme
des réponses urgentes aux problèmes des Camerounais, le président de la
République a recommandé entre autres, au terme du conseil ministériel
du 7 mars 2008, « le lancement de la deuxième phase du programme de
recrutement des instituteurs vacataires. »
Les responsables du ministère de l’Education de base n’ont pas voulu
tergiverser pour mettre en application la directive présidentielle dont
l’objectif avoué était, de combattre le chômage et donner de l’emploi
aux jeunes Camerounais. Le 29 mai 2008, un communiqué signé de Mme
Haman Adama, le chef de ce département ministériel annonçait le
recrutement de milliers d’instituteurs, 5.525 au total qui sont d’ores
et déjà opérationnels sur le terrain, à travers les écoles du pays,
pour le compte de l’année scolaire en cours.
C’est donc un total de 24.325 instituteurs qui ont déjà été recrutés en
moins de deux ans ! Un chiffre colossal dont les Camerounais peuvent se
féliciter, même s’il est encore loin de l’objectif visé d’ici 2011.
En effet, au cours du conseil de cabinet du 28 février 2007, le
ministre de l’Education de base avait affirmé que « cette opération [de
recrutement et de contractualisation des instituteurs (ndlr)] vise à
résorber (…) de 2007 à 2011, le déficit en enseignants des écoles
primaires et maternelles par le recrutement de 40.000 enseignants
titulaires.»
Défi
Ainsi, l’Etat est en voie d’atteindre cet objectif et de relever le
défi d’avoir un enseignant pour 40 élèves au niveau national, tout en
évitant les disparités et les déséquilibres jusque-là constatés entre
les différentes provinces, disparités mises en évidence par la carte
scolaire élaborée en 2007 et que la dernière opération de recrutement a
commencé à corriger.
Côté enseignement secondaire, outre les objectifs louables tels, la
construction en 2009 de 100 salles de classe par an dans les zones
accusant un retard de scolarisation et la dotation de près de 700
établissements de centres de ressources multimédia en 2011, l’Etat a
également concentré ses efforts dans le volet recrutement des nouveaux
enseignants. On parle de 3000 enseignants à recruter par an en faveur
du premier cycle de l’enseignement secondaire général et de 8000
personnels d’appui. Des efforts qui viennent s’ajouter à ceux déployés
au cours de l’année 2008 au niveau infrastructurel et qui ont vu la
création de 171 nouveaux établissements, la transformation de 64
anciens établissements, l’ouverture effective de 197 nouveaux
établissements et l’extension de 16 établissements privés. Et la liste
des réalisations infrastructurelles n’est pas exhaustive.
L’enseignement supérieur quant à lui affiche fièrement ses statistiques
en termes non seulement de maximisation de l’offre universitaire
(création de l’université et de l’école normale supérieur, ouverture de
6 facultés et filières de médecine au 30 octobre 2008, près de 100
instituts privés d’enseignement supérieur autorisés et fonctionnels),
mais aussi, en termes de nombre d’enseignants permanents, 2700 au
total. Un chiffre qui sera inévitablement revu à la hausse, avec la
mise en application progressive de l’autorisation du président de la
République en 2007, du recrutement de 1000 enseignants pour l’ensemble
des universités d’Etat, de 2007 à 2010. Déjà, dans la perspective de
l’ouverture de l’école normale supérieure de Maroua, un appel à
candidature a été lancé le 14 août 2008 pour le recrutement de 55
assistants à l’université de Maroua. Ce qui signifie que, dans le cadre
de l’autorisation présidentielle de recrutement, de nouveaux
enseignants seront recrutés pour l’université de Maroua en 2009 et en
2010 lorsque l’Institut supérieure du sahel et les trois facultés
seront opérationnels.
Les chiffres sont-là, têtus qui parlent d’eux-mêmes et qui prouvent que
pour ce qui est de la formation et de l’éducation de la jeunesse
camerounaise, le Cameroun de Paul Biya, en dépit des effets néfastes de
la récession économique, a débloqué de gros moyens matériels,
financiers et humains. Et les perspectives en la matière laissent
d’ailleurs penser que le gouvernement du Renouveau n’entend pas
s’arrêter en si bon chemin.
Simon Meyanga
|