Le discours du président de la République à l’occasion de la rencontre avec la diaspora

 Monsieur l’Ambassadeur,
Mesdames et Messieurs,
Chers compatriotes,

 Monsieur l’Ambassadeur,
Mesdames et Messieurs,
Chers compatriotes,
C’est avec un réel plaisir que je prends part à cette rencontre avec vous mes chers Compatriotes, à l’occasion de ma visite officielle en France, Pays auquel tant de liens anciens et multiformes nous unissent.
Mon épouse et moi sommes très heureux de vous voir si nombreux, venus de tous les coins de la France et même des pays voisins. Sachez que votre présence si massive nous touche profondément. Elle témoigne, à n’en pas douter, de l’affection que vous nous portez, mais aussi de votre soutien constant, et de votre profond attachement à votre pays, le Cameroun.
Je tiens à vous en remercier cordialement.

Mes chers Compatriotes,
La brièveté du séjour que j’avais effectué à Paris en octobre 2007, à l’occasion de la 34ème session de la Conférence Générale de l’UNESCO, ne m’avait pas permis de vous entretenir de la situation dans notre pays et de nos projets d’avenir. Ma rencontre avec vous aujourd’hui me donne l’occasion de combler cette attente. Car je sais qu’à l’instar de vos Compatriotes vivant au Cameroun, vous êtes attentifs aux problèmes auxquels nous sommes confrontés et soucieux de voir le Cameroun aller de l’avant, sur la voie du développement et du progrès, dans la paix et la stabilité. A cet égard, vous le savez, depuis une vingtaine d’années, notre principale préoccupation a été de conduire notre pays dans la voie de la démocratie. Le chemin était semé d’obstacles que nous avons dû surmonter ou contourner. Mais aujourd’hui, je crois pouvoir dire que nous avons réalisé des avancées appréciables ;
- Les libertés publiques sont garanties y compris la liberté d’expression et de la presse ;
- Les institutions représentatives fonctionnent normalement ;
- Les droits de l’homme sont respectés et nous mettons progressivement en oeuvre la décentralisation.
2 J’ai bien conscience que tout n’est pas parfait, mais petit a petit nous nous efforçons de pallier les insuffisances, de corriger les erreurs, bref d’améliorer les choses là ou cela est possible et nécessaire.
Je vous donnerai deux exemples :
- Sur le système électoral, avec la création d’ELECAM, organisme indépendant chargé d’organiser les élections, nous voulons apporter des garanties supplémentaires de transparence et de sincérité des scrutins.
- Sur la corruption qui malheureusement subsiste mais, il faut que dire que tous les pays en souffrent plus ou moins, le Cameroun n’est pas le seul. Dans ce domaine, nous déployons des efforts considérables pour la combattre. Nous entendons continuer et persévérer sans faiblesse et, au bout du compte, nous espérons que cette action sera suffisamment dissuasive pour décourager les atteintes à la fortune publique. La poursuite de cette politique de consolidation de nos institutions et d’assainissement des moeurs de la vie nationale devrait permettre, à court terme, d’assurer l’enracinement de notre démocratie, l’épanouissement de notre société civile, et un plus grand respect de la fortune publique.
Vous convenez avec moi qu’il en va de l’intérêt de tous les Camerounais, il en va de notre avenir commun, il en va du destin d’un pays qui a de grands atouts, un pays qui est promis à un bel avenir, un pays qui mérite respect et considération, un pays dont nous avons tout lieu d’être fiers.
L’autre versant de notre politique est d’assurer le développement de notre pays et d’améliorer les conditions d’existence de notre population.
Avant le déclenchement de la crise, les efforts que nous avions faits pour redresser notre économie avaient produit des résultats incontestables. Le taux de croissance, même s’il restait modéré (de l’ordre de 4%), nous permettait d’envisager l’avenir avec un optimisme raisonnable. La crise est venue et a brouillé nos prévisions. Des secteurs comme le bois et le coton sont aujourd’hui particulièrement touchés. Mais les fondamentaux de notre économie demeurent sains. De plus, la situation de nos finances publiques reste favorable, ce qui nous a valu récemment les encouragements et le soutien du FMI, dans le cadre de la facilité aux pays affectés par la crise. C’est une marque indéniable de la confiance dont jouit le Cameroun auprès des institutions financières internationales, et c’est aussi la preuve que nous sommes sur la bonne voie.
Nous allons donc nous préparer à la sortie de crise, en remettant sur la table les projets dont l’exécution a été jusqu’ici différée. Nous allons mettre en oeuvre un programme de développement énergétique qui réponde à nos potentialités, aux besoins domestiques de nos populations et à ceux de nos industries. Nous allons donner un nouvel élan a l’agriculture qui est notre véritable richesse et dont le 3 développement intensif ainsi que la modernisation devraient nous assurer en permanence l’auto-suffisante alimentaire.
Par ailleurs, nous allons reprendre l’exécution de nos projets industriels et miniers qui ont souffert de la raréfaction des crédits, en même temps qu’il nous faudra construire de nouvelles infrastructures indispensables à la réalisation de ces différents projets.
Parallèlement à la relance de notre économie, nous poursuivrons nos efforts en vue de réaliser des progrès supplémentaires au profit de nos populations dans les domaines de la santé, de l’éducation, des moyens de communication, de l’eau et de l’électricité. Des avancées significatives ont été enregistrées dans ces secteurs. Les faits sont là pour en témoigner. Mais nous voulons faire plus et mieux.

Chers Compatriotes,
Voila ce qu’au Cameroun nous faisons et ferons pour mettre en valeur les ressources fort appréciables de notre pays, le conduire à la modernité, le maintenir dans la paix et la stabilité, et répondre ainsi aux attentes de notre peuple.
Je ne vous ai donné qu’un bref aperçu des efforts entrepris. Ils sont louables et, n’en déplaise à ceux parmi nos concitoyens qui se plaisent à ternir l’image de notre pays, sous divers prétextes et à des fins qui leur sont propres, beaucoup de choses se font au Cameroun. Le Cameroun change, le Cameroun est en marche et nous devons tous être fiers et confiants en son avenir.
En ce qui vous concerne, là où vous exercez votre activité, en France ou ailleurs, je voudrais que vous sachiez que je suis informé du caractère industrieux de vos communautés, et pour beaucoup, du haut degré de compétence dont vous faites preuve. Vous faites ainsi honneur au Cameroun, et je tiens à vous en exprimer toute mon appréciation. Mais, il va sans dire que mon vif souhait est de vous voir un jour mettre le savoir et le savoir-faire que vous avez pu acquérir au prix de tant d’efforts personnels, et pour certains, grâce à l’assistance de l’Etat, que vous mettiez ces talents au profit du développement du Cameroun.
S’agissant de la France, votre pays de résidence, qui a bien voulu m’inviter, sachez que les relations Franco-Camerounaises sont excellentes. La France ne nous a jamais ménagé son soutien, elle a toujours été à nos côtés, surtout dans les moments difficiles. Je vous exhorte donc à oeuvrer au renforcement des relations d’amitié et de coopération qui unissent depuis si longtemps la France et le Cameroun.
Nous nous efforçons, à travers des négociations bilatérales de créer les meilleures conditions possibles pour l’exercice de vos activités. Nous le faisons en tenant compte, bien évidemment, des intérêts bien compris de nos pays respectifs.
4 Enfin, j’ai pris bonne note de vos doléances et de vos souhaits concernant notamment votre participation au prochain vote électoral et aussi le problème de la double nationalité. Ils ont retenu mon attention et feront l’objet d’un examen objectif et rapide en vue d’y apporter des réponses adéquates.
Je vous invite aussi à demeurer des citoyens loyaux et fidèles aux institutions de leur pays, où qu’ils se trouvent.
Et c’est ainsi et ainsi seulement que vous donnerez du Cameroun l’image positive qu’il mérite et contribuerez à son rayonnement et au succès de notre œuvre commune.
Vive le Cameroun.
Je vous remercie de votre attention.