À l’aube d’un scrutin crucial, le Cameroun se prépare à écrire une nouvelle page de son histoire politique.
L’élection présidentielle de 2025 au Cameroun cristallise une fois de plus toutes les attentions. Scrutin majeur du calendrier politique, il pose les bases du futur leadership du pays dans un contexte national et international en mutation. Alors que les acteurs politiques affûtent leurs stratégies, plusieurs enjeux se dessinent : les questions de participation, la stabilité du pays, les défis socio-économiques, la modernisation du processus électoral et l’évolution du paysage politique.
L’un des premiers enjeux de cette élection est la participation électorale. L’inscription sur les listes, la sensibilisation des citoyens et les conditions de vote représentent des défis majeurs pour garantir un scrutin inclusif. Par ailleurs, la stabilité du pays demeure une priorité. Depuis plusieurs années, le Cameroun a su préserver une certaine continuité politique, malgré des tensions persistantes dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest, la menace de Boko Haram dans l’Extrême-nord et les défis liés à la criminalité transfrontalière. Dans ce contexte, la présidentielle est perçue comme un test pour la solidité des institutions et la capacité du pays à organiser un scrutin apaisé et transparent.
Sur le plan politique, l’élection soulève également la question de l’évolution du paysage partisan. Si le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc), reste une force dominante, les formations de l’opposition cherchent à imposer un rapport de force plus équilibré. L’enjeu est donc double : d’un côté, assurer une compétition électorale crédible et inclusive, et de l’autre, répondre aux aspirations d’une extrême minorité de la population qui réclame une alternance politique.
Outre ces considérations politiques, cette présidentielle s’inscrit aussi dans un contexte économique marqué par plusieurs défis. La relance post-Covid-19, la diversification de l’économie et la lutte contre le chômage des jeunes figurent parmi les priorités. L’accès aux services sociaux de base, notamment l’éducation et la santé, demeure un point central des attentes des citoyens.
Les programmes des candidats seront donc scrutés de près, notamment en ce qui concerne les réformes structurelles visant à renforcer l’attractivité économique du pays. La question de la bonne gouvernance et de la lutte contre la corruption sera également un facteur clé dans l’appréciation des électeurs.
Si l’issue du scrutin reste incertaine, les dynamiques en cours dessinent plusieurs scénarios. Le premier est celui d’une continuité politique, avec un accent sur la consolidation des acquis et la gestion progressive des défis actuels. Le second serait une ouverture vers une alternance, accompagnée de réformes institutionnelles et économiques plus marquées.
Dans tous les cas, l’élection présidentielle de cette année sera déterminante pour l’avenir du pays. Entre aspirations démocratiques et nécessité de stabilité, les électeurs auront la responsabilité de trancher sur la direction à prendre pour les sept années à venir.
Charles Ebode