Au-delà de l’avenir qu’elle représente, cette tranche de la population joue un rôle clé dans tous les secteurs de la vie culturelle nationale.
« Les jeunes sont l’espoir, la vie qui vient, la sève qui monte ; de la jeunesse d’aujourd’hui va dépendre le sort prochain de l’humanité ». Cette réflexion de l’écrivain français Léon Blum (1872-1950) prend tout son sens quand on évoque la question de la préservation du patrimoine culturel national camerounais par les jeunes. En effet, alors que la mondialisation et les tentatives d’uniformisation culturelle qui l’accompagnent font des ravages dans plusieurs sociétés. Le Cameroun, grâce à la politique d’encadrement de sa jeunesse et de promotion des valeurs locales savamment pensée par le président Paul Biya, tient encore solidement dans ses fondements culturels et traditionnels.
Reconnu pour sa riche diversité, ce patrimoine culturel, élément de l’identité nationale, brille dans divers secteurs comme la musique, le cinéma, les langues nationales, la danse, les rites ancestraux et traditionnels, ou encore la mode vestimentaire… Dans cette affirmation, les jeunes sont en première ligne. Ceci, grâce à des réalisations culturelles variées comme les romans avec Amadou Djaïli Amal, les films avec Thierry Ntamack, l’interprétation musicale avec l’orchestre national…, pour ne citer que ces quelques exemples. Pour ce qui est des sonorités musicales, des variétés comme le Bikutsi, le Makossa… sont actuellement valorisées et portées par une jeune génération d’artistes musiciens.
De même, dans la perspective d’une transmission générationnelle des savoirs-faire et des savoirs-être ancestraux, la jeunesse est au cœur d’une vaste entreprise d’éducation à la fois formelle et informelle. Cela va de l’enseignement de ce patrimoine dans les salles de classe (les langues nationales par exemple) à l’organisation sous la supervision de l’Etat des festivals et des journées culturelles comme le Ngondo à Douala, le Nguon à Foumban, le Msem Tojdom à Bandjoun ou encore les « journées culturelles du peuple Bayangam » …. dans lesquels les jeunes sont massivement présents. De plus en plus, on assiste donc à un rajeunissement des dépositaires du pouvoir traditionnel à l’instar du Lamido de Garoua, Ibrahim Souleymane El Rachidine ou encore du roi des Bamoun, Nfonrifoum Mbombo Njoya ; tous des jeunes âgés de moins de 40 ans lors de leur accession au trône.
En résumé, malgré une mondialisation excessive qui tend à la déraciner culturellement par la séduction et la promotion des modes venus d’ailleurs, la jeunesse Camerounaise reste majoritairement attachée à la préservation de son patrimoine culturel. Et pour paraphraser Léon Blum, « …, de la jeunesse d’aujourd’hui va dépendre le sort prochain du patrimoine culturel national ».
Leon Marie Evina
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