Site Web Officiel du Journal L'Action
L'Editorial

Tout ce qui se conçoit bien … :

Le ton et la densité de la déclaration de Yaoundé à l’issue du sommet extraordinaire des chefs d’État et de Gouvernement du Copax tenu le 16 février dernier, 

illustre bien le niveau de prise de conscience et de détermination à combattre une ennemi désormais commun,  la secte Boko Haram. «Nous,  Chefs d’États des États membres du Conseil de paix et de Sécurité de l’Afrique centrale (…) Chargeons le Secrétaire général de la Communauté Économique des États de l’Afrique centrale  (…) d’optimiser les synergies avec les partenaires institutionnels existants et d’entreprendre sans délai l’identification des opportunités de partenariat avec les acteurs internationaux et locaux qui pourront  venir appuyer, sur le plan technique et financier, l’action des États membres de la Ceeac ». Il ya donc eu des paroles et des actes. Loin de la rhétorique diplomatique habituelle de ce genre de rencontres. La session extraordinaire du Copax a brillé par des propos martial et des décisions concrètes.
A l’exhortation à plus de solidarité de la communauté internationale dont les secours et les concours divers sont indispensables pour vaincre la secte Boko Haram, il faudrait désormais ajouter les engagements fermes à venir en appui aux pays de la ligne de front. Le volontarisme affiché par les chefs d’État de la Cemac en particulier, à apporter leur soutien immédiat en numéraire est bien la preuve que la menace de ce groupe terroriste sur la paix, la sécurité et le développement de la sous-région, est un risque majeur de déstabilisation et de fragilisation de l’équilibre économique et social si laborieusement acquis.
Pour bien montrer l’importance de la nécessaire mutualisation des efforts,  Paul Biya, comme à son habitude, a parlé un langage de vérité, dans un ton qui se voulait autant limpide que pédagogique. La guerre contre Boko Haram est un combat conceptuel pour des choix et des modèles de sociétés d’aujourd’hui et de demain : la modernité contre l’obscurantisme ; la tolérance et la justice sociale contre l’intransigeance et le dogmatisme ; la démocratie et le développement contre la contrainte ; la liberté contre l’absolutisme et l’épouvante. C’est pourquoi, en termes faciles et compréhensibles par tous, Paul Biya nous explique : «La réalité est simple. Il y a d’un côté, le nôtre, les tenants d’une société moderne et tolérante, garantissant l’exercice des droits de l’homme, dont ceux de religion, ainsi que la démocratie représentative. De l’autre côté, c’est-à-dire du côté de Boko Haram et des mouvements qui lui ressemblent, il y a les partisans d’une société obscurantiste et tyrannique, sans considération aucune de la dignité humaine ».
Les raisons de cet acharnement meurtrier sont connues. Les terroristes de Boko Haram tuent pour dire leur haine du progrès, car leur étymologie de la terreur s’applique à une forme de lutte contre l’État, en obligeant chacun à la peur. Boko Haram ajoute à sa panoplie sanguinaire le refus du mieux être, la barbarie dans ses actions, les exactions abominables et la propagande par les faits. Les objectifs ultimes sont connus : déstabilisation des consciences et des structures socio-économiques, rapts et destructions massives des biens et une volonté absurde de retour à l’obscurantisme, avec, curieusement, un armement sophistiqué, des techniques de pointe et une communication de la propagation de la terreur. C’est donc d’une menace globale qu’il s’agit et dont l’éradication nécessite une guerre totale.
Le Président Biya était le premier à en mesurer le danger et ses conséquences. Depuis le 17 mai 2014 à Paris, ses appels et ses interpellations à l’endroit de la communauté internationale sont la résultante d’une maitrise du terrain et d’un constat précis : Boko Haram  est une menace sérieuse sur la paix et la sécurité des biens et des personnes pour tous. La justesse de ses analyses, la pertinence de ses arguments ont aujourd’hui valeur de symboles. Ses pairs et proches viennent de lui donner raison. Pour combattre cet ennemi qui n’est plus abstrait (il ne s’agit plus seulement d’une guerre asymétrique), il faut des moyens de guerre conséquents (hommes, matériels et finances). L’aide d’urgence de 50 milliards de FCFA et la création  d’un fonds spécial de soutien multidimensionnel en logistique, assistance humanitaire, communication et actions politiques, expriment entre autres l’effectivité de cette solidarité agissante dont même les nations les plus riches ne peuvent se passer. En cela, l’éclatant succès de cette session extraordinaire du Copax consacrée à la lutte contre Boko Haram, bien pensée et bien préparée en amont, et menée de main de maitre par le Président Paul Biya, témoigne de ce que tout ce qui se conçoit bien aboutit nécessairement à un bon résultat. Les enjeux et les défis étant connus, la dynamique régionale mise sur pied est porteuse de grands espoirs.

Articles liés