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L'Editorial

Touches et retouches

Après le mandat des députés prorogé la semaine dernière jusqu’en décembre 2026 par une loi adoptée par l’Assemblée nationale et promulguée dans la foulée par le président de la République, les conseillers municipaux attendent à leur tour une prorogation. En effet, le gouvernement a déposé lundi dernier sur la table des députés un projet de loi visant à modifier l’article 170 du code électoral, lequel serait désormais formulé ainsi qu’il suit : « (1) les conseils municipaux sont renouvelés intégralement tous les cinq (05) ans à la même date. (2) Toutefois en cas de nécessité, le président de la République peut, par décret, proroger ou abréger le mandat des conseillers municipaux, après consultation du Gouvernement et du Bureau du Sénat. »

Dans son ancienne version adoptée en 2019, le mandat des conseillers municipaux pouvait déjà être prorogé par le président de la République mais pour une période « ne pouvant excéder 18 mois. »C’est cette contrainte de délais, cette limitation dans le temps qui a disparu dans la nouvelle mouture actuellement proposée à l’examen des députés. L’opposition est vent debout, crie au scandale et dénonce la volonté du Rdpc de confisquer le pouvoir en refusant la tenue des échéances électorales selon une périodicité régulière et connue de tous les acteurs. En réponse, l’exécutif a présenté dans l’exposé des motifs les raisons qui militent en faveur de cette réforme a minima du code électoral, l’une des revendications fortes et constantes d’une partie de la classe politique, de la société civile et de certains partenaires bilatéraux et multilatéraux du Cameroun.

Quoi qu’il en soit, on s’achemine vers une modification de la loi qui entraînera un report des élections municipales, l’avantage étant qu’intervenant après la prorogation du mandat des députés, cet autre ajustement permet d’envisager des élections municipales et législatives couplées en 2027, un an avant les élections sénatoriales. L’horizon s’éclaircit ainsi sur le calendrier électoral. Tant pis pour ceux et celles qui continuent d’agiter le chiffon rouge de la contestation et de la confrontation. 

Grâce à ces retouches successives de son dispositif législatif, le Cameroun avance à petits pas mais méthodiquement, progressivement et sûrement vers la modernisation, le perfectionnement et le renforcement de son système électoral. Certes, il reste encore beaucoup d’aspects à retoucher en matière électorale, à commencer par les mentalités de certains acteurs, mais ce que les Camerounais attendent le plus c’est la touche finale de Paul Biya sur la réforme institutionnelle et constitutionnelle annoncée. Ils espèrent que ces différentes touches et retouches s’inscrivent dans le sens de la stabilité et de la grandeur du Cameroun. Au-delà des hommes qui passent, seul compte l’intérêt suprême de la Nation.

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