L’État s’apprête à lancer une campagne nationale pour extirper du fichier solde les enfants alignés frauduleusement
Suite à la revalorisation de l’allocation par enfant qui est passée de 2800 à 4500f en février 2024, le nombre d’enfants bénéficiaires au fichier solde de l’État a connu une augmentation rapide. Il est passé de 594728 enfants déclarés en juin 2024 à 923307 en mars de l’année en cours, soit une augmentation de 55%. Celle-ci se caractérise par une explosion budgétaire. A titre d’illustration, en moins de cinq ans, l’enveloppe budgétaire dédiée aux allocations familiales est passée de 21 à 38 milliards de Fcfa.
Face à cette situation, les pouvoirs publics viennent d’y décider de voir plus clair. Aussi, ont-ils créé le Comité interministériel de pilotage de l’opération d’audit des allocations familiales du personnel de l’Etat qui sera à pied d’œuvre dès le 25 juin prochain. Ledit comité a pour mission de « vérifier la régularité des allocations familiales effectivement servies, d’assainir le fichier des bénéficiaires, d’actualiser les données administratives familiales des personnels concernés et de garantir une meilleure sécurisation des dépenses des personnels de l’Etat ».
Cette opération, qui sera conjointement menée par le ministère des Finances et celui de la Fonction publique et de la Réforme administrative, poursuit cinq objectifs : « s’assurer de la légalité et la validité des pièces justificatives (actes de naissance, certificats de vie collectifs) adossées aux allocations effectivement servies, mettre à jour en temps réel les données relatives aux bénéficiaires et à leurs ayants droits légitimes, supprimer définitivement du fichier les enfants fictifs, les doublons et les alignements frauduleux, redresser les anomalies matérielles et mettre en place des verrous systémiques pour empêcher la récurrence des fraudes ». Et, last but not the least, « consolider l’intégrité du système informatique de gestion des dépenses du personnel de l’Etat ».
Selon les responsables du ministère des Finances, l’enjeu principal est de stopper l’hémorragie des ressources financières de l’Etat provoquée par des prestations indues. Et pour cause, chaque franc Cfa détourné par la fraude est un franc de moins pour les investissements publics à l’instar des écoles, des hôpitaux et des infrastructures diverses. Il s’agit donc de garantir la soutenabilité à long terme de la politique sociale de l’Etat. Par ailleurs, il s’agira de restaurer la justice entre les agents publics, dans la mesure où la fraude fragilise la crédibilité de l’action publique.
St. Joseph Menyene

