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L'Editorial

La légion saute sur les régions

Le chien aboie, la caravane passe. L’opinion publique et certains observateurs ont beau avoir décrété avec toute la mauvaise foi qui les caractérise que les élections régionales du 30 novembre sont sans enjeu, sans importance, sans intérêt à cause du manque de suspense, le Rdpc a mené une campagne tambour battant, sur le terrain et dans les médias,notamment sur les antennes de la Crtv télé et radio. Pour un scrutin au suffrage indirect sans saveur, sans couleur et sans clameur populaire, le Rdpc s’est mis en quatre, se démenant comme… un « beau diable » pour convaincre les électeurs que sont les conseillers municipaux. La raison de cette débauche d’énergies et de ce déploiement que certains jugent disproportionné ? Reconquérir l’Adamaoua, unique région sur les dix ayant échappé à son hégémonie en 2020, contrebalancer la suprématie de l’Union démocratique du Cameroun (Udc) dans le Noun.

Peut-on reprocher à un parti politique de vouloir gagner amplement chaque élection au risque de faire disparaître ses adversaires ou de leur laisser une place marginale voire lilliputienne sur l’échiquier politique ? Pour le Rdpc, il appartient à chaque parti de se battre et de se donner les moyens de ses ambitions.

Convaincu de la véracité de ce postulat, le Rdpc a donc battu campagne pour ces élections régionales sans se soucier véritablement de ses adversaires. Sur le terrain, il a été plus présent que les autres même si les électeurs sont pour la plupart ses militants. Mais le parti connaît mieux que quiconque les contradictions, les ambitions internes et les luttes souterraines en cours dans ses rangs et qui peuvent faire passer les intérêts individuels avant l’intérêt général. En d’autres termes, la campagne qui s’achève ce samedi a un seul objectif : faire élire à la majorité absolue les listes du Rdpc dans les 58 départements. Ceux et celles qui se projettent déjà dans la campagne d’après, c’est-à-dire la composition du bureau du Conseil régional, se trompent de combat et dansent manifestement plus vite que la musique.

Le déroulement de la campagne dans les médias a été conduit de manière méthodique, professionnelle et équitable. Chaque région a bénéficié sur les antennes de la Crtv d’un jour d’exposition et d’expression à la télévision et à la radio. Au cours de ces programmes, le secrétaire général du Comité central en personne a planté le décor et défini les enjeux, les chefs des délégations permanents régionales ont présenté les profils et vanté les mérites des candidats du parti, les présidents des conseils régionaux sortants ont déroulé leur bilan et les perspectives d’avenir en cas de réélection, les candidats eux-mêmes ont fait leur marketing, les électeurs ont porté un jugement et une appréciation sur l’action des conseillers régionaux sortants…Des moments de démocratie et d’échanges citoyens. Un échantillon aussi large que représentatif de responsables et d’acteurs de terrain a pris la parole pour s’adresser aux Camerounais et faire de la pédagogie sur la décentralisation en général et le rôle des Conseils régionaux en matière de développement local.

Au terme de cet exercice de démocratie, le Rdpc est sûr et certain de sa victoire dimanche et il peut garder sa conscience tranquille malgré les quolibets, les moulinets et les critiques de ses contempteurs. À ceux qui projettent d’organiser le jour du scrutin des villes mortes et des soit-disantes « régionales du peuple », il rétorque que la réalité du terrain départagera les uns et les autres. Pour l’instant, on voit mal qui peut résister à la légion du Rdpc qui s’apprête à sauter démocratiquement sur les élections régionales. Rendez-vous dimanche dans les urnes et non dans la rue !

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