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La Société

Couverture santé universelle (Csu) : De l’expérimentation à la consolidation juridique

C’est ce qui ressort de l’exposé du ministre de la Santé publique, Manaouda Malachie interrogé à la chambre haute du parlement jeudi dernier.

Le ministre de la Santé publique a fait le point sur ce système de santé lancé depuis 2023 dans notre pays. La réforme qui sort de sa phase pilote avait pour objectif de passer d’un dispositif administratif à une loi permanente pour garantir un système soutenable, contrôlé et utile aux populations. Manaouda Malachie croit savoir que la Couverture santé universelle est bien plus qu’une réforme ordinaire. Répondant à la préoccupation du sénateur Pierre Flambeau Ngayap, il a rappelé que ce système de santé a pour ambition de protéger la vie, la dignité des familles et garantir l’accès aux soins afin que la maladie ne soit plus une source d’appauvrissement ou d’exclusion sociale. « Le Cameroun n’est pas parti à l’aventure. La Csu a été lancée de manière progressive, prudente et responsable. Le choix a été fait de tester d’abord une phase opérationnelle ciblée avant un déploiement national », a souligné le Minsanté. Une phase qui a été axée sur les femmes enceintes, les enfants de moins de cinq ans, les personnes vivant avec le Vih, les malades de la tuberculose et les patients en insuffisance rénale chronique. Un choix à la fois technique, mais aussi politique et social, car il s’agit de protéger ceux pour qui le coût de la maladie peut être insupportable.

Après la phase expérimentale, le représentant du gouvernement a relevé que le bilan est globalement satisfaisant, parce que le Cameroun dispose aujourd’hui d’un dispositif d’enrôlement fonctionnel et une plateforme numérique, un panier de soins déjà mis en œuvre avec des prises en charge effectives, un réseau de formation sanitaire mobilisé sur l’ensemble du territoire. Aussi, plusieurs millions de personnes ont déjà été pré-enrôlées, des femmes enceintes suivies jusqu’à l’accouchement, des enfants de moins de cinq ans consultés et traités gratuitement pour le paludisme, des milliers de césariennes réalisées à coûts réduits, etc. Des avancées qui tendent vers une loi et un régime permanent à travers la consolidation.

Même si tout n’est pas parfait, il est désormais question de mener une démarche progressive visant à préparer, tester, corriger, consolider, puis encadrer la Csu par une loi. Il est question de passer de la phase opérationnelle à un régime permanent doté d’un fondement juridique solide, lisible et durable. « Concrètement, le gouvernement travaille à la consolidation du cadre juridique. La future loi devra clarifier les droits des bénéficiaires, les conditions d’affiliation, les mécanismes de paiement, la gouvernance, les organes de gestion, les contrôles et les sanctions contre la fraude », a expliqué Manaouda Malachie. Il a conclu que les sénateurs et le Parlement dans son ensemble, seront appelés à accompagner la réforme dans tous ses détails.

Line Tanké Njiké

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