Le sujet a ravi la vedette au cours de la réunion organisée le 26 juin à Maroua entre les autorités et les acteurs humanitaires, en vue du développement et la consolidation de la paix.
Le nombre de réfugiés nigérians ne diminue pas dans la région de l’Extrême-Nord. Les statistiques communiquées le 26 juin 2026 dans le cadre de la réunion de concertation régionale trimestrielle entre les autorités et les acteurs humanitaires de développement et de consolidation de la paix le montrent avec éloquence. Les chiffres officiels font état d’un total cumulé de 124 825 réfugiés nigérians ; les réfugiés hors-camp et ceux du camp de Minawao.
Au camp de Minawao, après le rapatriement volontaire d’environ 3000 réfugiés effectué en février dernier, ils restaient moins de 80 000. Mais aujourd’hui, ce chiffre a augmenté. Ils sont déjà à 81 223. Une situation dûe au climat sécuritaire délétère enregistré ces derniers mois au Nigeria. Pourtant, après ce départ volontaire de cette première vague des réfugiés, on se serait attendu à d’autres départs successifs. Ces vagues de départs programmées sont suspendues en attendant le retour de la paix dans les villages d’accueil ; ces localités de l’Etat de l’Adamawa au Nigeria que les réfugiés avaient déserté, suite aux menaces terroristes de Boko Haram.
Pourtant, sur le terrain, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (Ocha) est en train de faire ses valises, laissant sa place au Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (Hcr).
En présentant ce tableau sombre le 26 juin dernier, les responsables du HCR ont relevé qu’au nombre de nouveaux réfugiés nigérians enregistrés ces derniers mois, on compte de nombreux anciens pensionnaires du camp de Minawao.
Et depuis plus d’un an, l’appui des humanitaires a chuté de manière drastique. Le Cameroun, a-t-on appris, est déjà désactivé sur la liste des pays où l’urgence humanitaire se fait sentir. En d’autres termes, selon les bailleurs de fonds, le problème de l’insécurité liée aux attaques terroristes n’existe plus. C’est sans doute la raison de la fermeture des vannes de ravitaillement.
Patrice Mbossa

