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L'Editorial

Les carillons de Noël :

A une semaine de Noël, les cloches des fêtes de fin d’année commencent à faire entendre leur petite et douce(reuse) musique. 

Elles tintinnabulent dans les têtes, les foyers, les familles et répandent une mélodie bienfaisante sur la société toute entière. Malgré la morosité et les vicissitudes de la vie quotidienne, tout le monde a besoin de ces moments de festivité pour décompresser, se détendre avant d’aborder la nouvelle année. La vie n’étant pas faite que de sujets sérieux, on aurait pu batifoler, badiner et surfer à satiété sur les vagues de ces instants – éphémères certes – de joie qui pétillent comme des bulles de champagne avant d’éclater dans l’air. On pourrait gloser à souhait sur cette frénésie et cette effervescence qui s’emparent d’une bonne partie de la société pendant une dizaine de jours. Les uns et les autres ont beau brandir les difficultés financières, ils n’affichent cependant jamais une indifférence totale vis-à-vis de cet événement. Un peu d’évasion, de recréation et de distraction n’a jamais fait de mal à personne ! Dans d’autres sociétés – occidentales notamment – on parle volontiers de « trêve des confiseurs », c’est-à-dire, une période de calme politique et d’accalmie sociale.
La trêve des confiseurs est-elle possible au Cameroun où le virus de la politique s’est irrémédiablement emparé de la société ? Dans notre cher et beau pays, la politique est devenue l’alpha et l’oméga de toute initiative. Sous ce prisme, même les fêtes de fin d’année ne pourront pas faire oublier aux Camerounais que 2014, malgré l’absence d’échéances électorales, a été une année… très politique. Comment pourrait-il en être autrement puisque l’année s’achève le 31 décembre par un discours à la Nation du Président de la République, qui meuble les conversations et alimente les débats pendant au moins les six premiers mois de l’année ? L’année 2014 aura battu tous les records dans ce domaine. Le Président de la République n’avait-il pas jeté un pavé dans la mare le 31 décembre en « sermonnant » vertement le gouvernement ? Pour les observateurs, avertis ou non, et les profanes, les jours de cette équipe gouvernementale étaient désormais comptés. Résultat : la principale activité de 2014 aura été de consulter les astres, les boules de cristal, les signes du zodiac à la recherche de quelques signaux avant-coureurs et annonciateurs de l’événement tant attendu, redouté ou espéré : le remaniement ministériel ! Chaque jour qui passait renvoyait l’événement à un « après » plus ou moins proche. En janvier, on prédisait que ce serait après la célébration du cinquantenaire de la Réunification. Après le cinquantenaire de la Réunification, rendez-vous était pris pour le mois de mars, pendant la session parlementaire ; après ce rendez-vous manqué, la nouvelle échéance était la fête du 20 mai. – Et les minutes se sont égrenées, les jours se sont succédés, les semaines et les mois ont défilé. Point de remaniement ! Et pourtant le Cameroun tourne ; il avance ; il poursuit résolument et irrésistiblement sa marche en avant, « à travers le bruit, la hâte et la confusion », sans courber l’échine ou la tête. En effet, au grand bruit de l’attente provoquée par son discours le 31 décembre 2013, Paul Biya a répondu par un silence assourdissant. Quelles que soient ses raisons, elles méritent le respect. D’autant plus qu’elles sont parfois aussi insondables que les voies du Seigneur. Maintenant que le tintamarre de l’attente – ou de la demande – du remaniement reprend de plus belle et coïncide avec la fièvre des fêtes de fin d’année, souhaitons encore plus de clairvoyance et de lucidité à Paul Biya, le chef d’orchestre. Malgré la solitude du pouvoir, les vilenies et les rêves déçus, son idéal pour le Cameroun est resté intact. Le vœu, cher et sincère que nous formulons pour lui en cette période est simple : qu’il ait la « vista » et l’inspiration nécessaire afin de trouver des Camerounais travailleurs, intègres et patriotes capables de l’accompagner dans la mise en œuvre de son projet de société. La mise en œuvre du plan d’urgence devrait constituer le premier test de la nouvelle équipe si elle est formée. Les carillons de Noël annoncent-ils pour autant la rentrée d’une éventuelle nouvelle équipe gouvernementale ? Les paris sont ouverts. Qui vivra verra! 
 
Toutefois, remaniement ou pas, la vie continue et bonnes fêtes à toutes et à tous Meilleurs vœux. Merci aux lecteurs et aux lectrices du journal L’Action pour leur confiance. Merci aux annonceurs pour leur fidélité. Rendez-vous le 7 janvier 2015.

cmz

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