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Les 40 vies du RDPC

Épilogue : la fête et après ? (5/5)

Le rideau est tombé le 24 mars dernier sur la célébration du quarantième anniversaire du Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais. Avec cet épilogue, nous mettons également un terme à la chronique spéciale ouverte dans ces colonnes depuis le 5 mars. En voici le cinquième et dernier tableau.

Trois jours à peine après les festivités grandioses organisées sur l’ensemble du territoire national pour célébrer les quarante ans du Rdpc, le Président national a signé trois importantes décisions dont l’une portant désignation de membres titulaires du Comité central et les deux autres portant nomination de chefs de délégation dans certaines délégations permanentes régionales et départementales. Alors que les youyous et les flonflons résonnaient encore dans les esprits, Paul Biya venait tirer de leur douce torpeur ceux de ses camarades tentés de jouer les prolongations des lendemains de fête qui chantent. Au travail ! Et très vite ! Tel est le message subliminal qu’il leur envoie à travers ces décisions. « L’appel à la mobilisation pour une victoire nette et sans bavure » du candidat du parti à la prochaine élection présidentielle ne se fera pas seulement avec des slogans, des discours, des injonctions ou des incantations mais surtout avec des actes concrets.

Les récentes décisions du Président national font la part belle aux structures et surtout aux ressources humaines. Quoi de plus normal : « il n’y a de richesses que d’hommes », disait Jean Bodin. La désignation de nouveaux membres au sein du Comité central et dans les délégations permanentes régionales et départementales apporte un souffle de fraîcheur et une dynamique nouvelle à ces instances qui en avaient bien besoin.

Le quarantième anniversaire a donc permis une fois de plus au Rdpc d’envoyer un signal très fort à ses adversaires : en termes de quadrillage et d’occupation du terrain, le parti a de la ressource et des arguments. Rares sont d’ailleurs ceux qui prétendent le concurrencer dans ce domaine. Ils comptent par conséquent l’attaquer sur son bilan, sur l’âge de son candidat et la mal gouvernance. Autrement dit, rien de nouveau sous le soleil. Il appartient maintenant au Rdpc, après avoir montré ses muscles, d’actionner ses neurones, de faire du remue-méninges pour élaborer une stratégie victorieuse. L’heure est venue de penser plutôt que de danser et de festoyer.

Hormis les acquis à préserver et malgré les tares, les défauts et les handicaps, réels ou supposés, dont il est affublé, à tort ou à raison, le Parti doit être plus que jamais capable de formuler une nouvelle offre politique aux électeurs en particulier et aux Camerounais en général. Il doit surtout être en capacité de proposer un projet, un pacte ou un contrat de confiance dont le seul horizon ne se limitera pas à l’élection présidentielle d’octobre prochain mais qui ouvre des perspectives bien au-delà.

Les Camerounais se posent beaucoup de questions sur leur avenir et celui de leur pays. Ils ont besoin d’être rassurés et manifestement, Paul Biya demeure encore celui qui les rassure davantage. Toutefois, pour l’échéance d’octobre qui est loin d’être une formalité, le Rdpc et son candidat statutaire doivent se montrer beaucoup plus proactifs et donner quelques gages quant à leur volonté et même à leur capacité à utiliser à bon escient le pouvoir que le peuple souverain s’apprête une fois de plus à leur confier.

Après 43 ans de pouvoir et au pouvoir, Paul Biya et son parti doivent démontrer aux Camerounais qu’ils sont les seuls en mesure de dessiner les contours, les pourtours et les futurs possibles du Cameroun de demain.

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