Site Web Officiel du Journal L'Action
L'Editorial

Pendant ce temps…

Ce n’est plus de l’animation mais de l’agitation. Depuis plusieurs mois, la scène politique camerounaise est prise d’une effervescence que certains voudraient bien voir se transformer en incandescence voire en implosion. Une fébrilité sans nom semble s’être emparée de tous les acteurs qui multiplient les actions, les réactions mais aussi et surtout les provocations. Tels des funambules, ils dansent sur une corde raide une sarabande funeste, attendant le plongeon final et fatal dans l’abîme car à ce rythme, il n’y a pas d’autre issue que celle-là. À moins que… Malgré le talent et la dextérité des uns et des autres, il parait cependant difficile de jouer aux équilibristes sur une longue période. C’est sans doute ce que Paul BIYA appelait les apprentis-sorciers. Ils sont nombreux et, hélas, présents dans tous les camps. Certes, à maints égards, l’on peut considérer ce trop-plein d’énergie comme un signe de vitalité politique mais à trop vouloir dessiner le diable sur les murs, il finit par apparaître. Trouverons-nous le bon exorciste ? Aura-t-il assez de pouvoir pour combattre et terrasser le mal(in) ?

Pendant que les Camerounais de tous bords jouent ainsi à se faire peur, le compte à rebours est lancé ; l’horloge tourne, les minutes s’égrènent ; les heures, les jours et les semaines passent et on se rapproche inexorablement de l’échéance tant rêvée, fantasmée et redoutée. La dernière session parlementaire avant l’élection présidentielle d’octobre prochain s’est ouverte hier à l’Assemblée nationale et au Sénat. Que nous réserve-t-elle comme surprise par rapport à l’ordre du jour et aux textes qui seront soumis à la représentation nationale ? Difficile de se livrer à quelque pronostic que ce soit. Qu’à cela ne tienne, il n’est pas exclu que le corps électoral soit convoqué pendant que députés et sénateurs siègent respectivement à Ngoa-Ekelle et à Mballa2. Ce calendrier est connu de tous les acteurs contrairement à ce qu’ils veulent faire croire en agitant le chiffon du « brouillard », des nuages et des incertitudes qui planeraient sur le ciel de l’organisation des élections au Cameroun.

À partir de cet instant, l’agitation va augmenter d’un cran. Ce sera le branle-bas avant la campagne. Entretemps, les inscriptions sur les listes électorales seront suspendues et débutera alors la phase de distribution des cartes électorales. Malgré l’effervescence et l’engouement constatés sur le terrain, il faudra encore sensibiliser les électeurs pour qu’ils retirent leur « sésame » longtemps avant le début de la campagne et le jour du scrutin. Les partis politiques responsables ont donc du pain sur la planche jusqu’au jour J. Ceux qui versent dans l’agitation et les provocations font dans la diversion et la distraction.

Le Rdpc devrait se garder de les suivre dans cette voie aventureuse et dangereuse. Il devrait surtout se tenir à l’écart de tout ce qui pourrait ressembler, de près ou de loin, à de la surenchère, y compris de la part de certains représentants des pouvoirs publics. Il y va de sa responsabilité et de son devoir d’exemplarité vis-à-vis de ses militants et du peuple camerounais. Personne ne gagne à ce qu’on souffle tout le temps sur les braises. Le Président Paul Biya est le concepteur, le chantre et l’architecte de la démocratie apaisée au Cameroun. Son parti politique doit l’accompagner afin que la prochaine élection présidentielle, quels qu’en soient les enjeux, se déroule dans un cadre et un climat apaisés, avant, pendant et après. Le Cameroun ne s’arrêtera pas en octobre 2025. Il ne mourra pas. Il poursuivra sa marche en avant.

Articles liés