C’est le défi que s’est donné, le maire qui a lancé une offensive sans précédent en déployant un ambitieux programme de forages, redonnant ainsi espoir aux populations des quartiers longtemps marginalisés.
L’eau jaillit enfin des entrailles de Bafia. Dans les quartiers Gondon, Tamboro et Lable, le vrombissement des foreuses a remplacé le bruit des jerricans traînés sur plusieurs kilomètres par des femmes et des enfants en quête du précieux liquide. Ce ballet mécanique orchestré par des ingénieurs hydrologues marque le début d’une ère nouvelle pour cette commune du département du Mbam-et-Inoubou, longtemps confrontée au calvaire de la pénurie d’eau potable. « Nous vivions comme des oubliés de la République », a confié Émilienne Bayemi, résidente de Gondon depuis trente ans. « Aujourd’hui, voir ces machines creuser pour nous apporter l’eau potable, c’est comme un miracle que nous n’osions plus espérer ». Ce témoignage résume le sentiment général dans les quartiers périphériques de Bafia, où l’accès à l’eau potable relevait jusqu’ici du parcours du combattant.
. Avant le premier coup de pioche, Marthe Zintchem a personnellement arpenté chaque recoin de sa commune, carnet à la main, identifiant les zones prioritaires et les points stratégiques d’implantation des forages. « Ce n’est pas un projet de bureau », a expliqué un technicien sur site. « le maire connaît chaque quartier, chaque difficulté spécifique. Elle a établi une cartographie précise des besoins hydrauliques de la commune ».
Cette approche de terrain porte déjà ses fruits. Dans les zones où les premiers forages sont opérationnels, l’impact est immédiat sur le quotidien des populations. Les longues files d’attente aux points d’eau disparaissent progressivement. Les cas de maladies hydriques, particulièrement fréquents, connaissent une baisse drastique selon les premières observations des centres de santé locaux.
Chaque forage s’accompagne d’un comité de gestion composé d’habitants du quartier, formés pour assurer l’entretien des installations et la pérennité du service. « Cette approche participative est la clé du succès à long terme », a souligné Christophe Olinga, expert en développement communautaire. « Elle transforme les bénéficiaires en acteurs responsables du projet ».
Le programme, qui prévoit à terme l’installation d’une vingtaine de forages répartis stratégiquement dans toute la commune, représente un investissement conséquent pour les finances municipales. Mais pour le maire, la question ne se pose même pas : « L’accès à l’eau potable n’est pas un luxe, c’est un droit fondamental que chaque habitant de Bafia doit pouvoir exercer, quel que soit son quartier ou sa condition sociale ».
Charles Ebode
