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La Politique

Présidentielle 2025 – Round 1 : Kamto mord la poussière

Les turpitudes de l’ex-président du Mrc ont fait recaler sa candidature par Elecam. En même temps que celles d’une soixantaine de plaisantins.

Lundi 28 juillet 2025 était le dernier délai de recevabilité des recours en contestation de la résolution d’Elections Cameroon (Elecam) n°2025/012/ELECAM/CE du 26 juillet 2025 arrêtant et publiant la liste des candidats à l’élection du président de la République du 12 octobre 2025. Peu avant minuit, le greffe du Conseil Constitutionnel, juge de la candidature et de l’ensemble du processus électoral de ladite élection, avait reçu une vingtaine de recours, dont deux (02), introduits par les avocats du Mouvement africain pour la nouvelle indépendance et la démocratie (Manidem).

En plus d’émaner a priori d’une même formation politique, ces requêtes ont en commun de contester la liste rendue publique samedi 26 juillet 2025 par Elecam. L’une revendique le droit, pour Maurice Kamto, de figurer sur cette liste, et donc, d’être candidat à l’élection prévue dans moins de trois (03) mois pour le compte de ce parti. L’autre souhaite plutôt que le juge constitutionnel réhabilite la candidature de Dieudonné Yebga, qui se présente comme le vrai président du Manidem.

On se souvient que ces candidatures rivales présentées sous l’emblème de la même formation politique, avaient passablement embarrassé le Conseil Electoral d’Elecam lors de sa session de plein droit consacré à l’examen des dossiers des postulants. L’organe chargé de l’organisation, de la gestion et de la supervision du processus électoral et référendaire au Cameroun a alors déclaré irrecevable les deux candidatures. Une décision juridiquement défendable, puisque Elecam s’est retrouvé face à des tendances d’un même parti politique, alors qu’il n’est pas compétent pour statuer sur leur légalité ou leur légitimité.

Et comme il fallait s’y attendre, la faction du Manidem ayant investi Maurice Kamto a tout de suite crié au complot, accusant sans aucune preuve comme d’habitude, le Rdpc et le gouvernement d’avoir manœuvré en faveur de cette disqualification, dès le premier round, de son candidat. Des soutiens du transfuge du Mrc ont, dans la foulé, menacé de s’en prendre – une fois de plus – aux locaux des ambassades du Cameroun dans certains pays européens, en représailles.

Pourtant, cet échec était prévisible. Après avoir tenté un passage en force en recrutant quelques élus pour obtenir l’investiture de son ancien parti, Maurice Kamto qui ne pouvait non plus se présenter comme candidat indépendant – il est incapable de réunir les 300 signatures exigées- a eu la bonne idée de faire porter ladite candidature par un « taxi ». Mais dans la mise en œuvre de son projet, il s’est trompé : en lieu et place d’un véhicule pouvant lui garantir un voyage serein jusqu’au Palais de l’Unité, il a opté pour un « clando ». Le « clando » n’a roulé que quelques kilomètres et s’est aussitôt immobilisé en pleine chaussée, aucun véhicule ne pouvant être conduit par plusieurs chauffeurs au même moment.

Cette situation ne pouvait être ignorée ni par l’ex-dirigeant du Mrc, ni par ses affidés, au regard des du bicéphalisme qui existe dans le Manidem depuis la tenue de deux (02) congrès successifs ayant abouti à la désignation de deux (02) bureaux en l’espace de quelques mois en 2017. M. Kamto devra donc assumer cet autre mauvais choix dans sa trajectoire politique, après la tribalisation de son discours devant le Conseil Constitutionnel en 2018, le soutien affiché à la Bas au lendemain de la dernière élection présidentielle, la multiplication des actes de défiance du Mrc vis-à-vis de l’autorité de l’Etat, le boycott des élections législatives et municipales de 2020 et son fameux dérapage du 31 mai dernier à Paris. Toutes ces maladresses n’ont contribué qu’à son isolement. Il ne saurait donc se prévaloir de sa propre turpitude.

Longin Cyrille Avomo

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