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L'Editorial

Don d’ubiquité

Paul BIYA, candidat à sa réélection pour un huitième mandat, a quitté le Cameroun dimanche dernier en compagnie de la première dame pour un « court séjour privé en Europe » selon la formule consacrée. Moins d’une semaine avant le début de la campagne électorale, ce voyage peut susciter quelques interrogations voire des doutes mais Paul BIYA peut s’en aller confiant, le cœur tranquille, le pas alerte, l’esprit serein : le travail sera fait. La machine électorale de son parti est d’ores et déjà lancée et dès samedi elle va se déployer sur l’ensemble du territoire national. Le Secrétaire général du Comité central, Coordonnateur national de la campagne du RDPC, a présidé hier la réunion de lancement de ce vaste déploiement avec comme principale consigne : la cohésion et l’apaisement dans les rangs en vue d’une victoire nette et sans bavure. Telles des abeilles ou des fourmis disciplinées et animées par le même but, des milliers de militants, de sympathisants et de soutiens du candidat du RDPC s’apprêtent à investir les coins et recoins du territoire national à l’assaut des électeurs et des électrices. Ils ne laisseront nulle place où la main ne passe et repasse…

Ils vont devoir labourer sans relâche les villages, sillonner les hameaux et retourner les quartiers de fond en comble pour pêcher les voix et les suffrages en faveur de Paul BIYA. Que ce dernier soit présent physiquement ou pas sur le terrain, il sera bien représenté par cette armada humaine à qui il est demandé de transformer le scrutin en raz-de-marée populaire. Une chose est certaine : par respect pour les électeurs et le peuple souverain, le candidat Paul BIYA ira certainement à leur rencontre de-ci, de-là et ce sera déjà la cerise sur le gâteau. Mais avec le dispositif de campagne mis en place par le Comité central, avec ou sans la présence physique du candidat, les Camerounais ne tarderont pas à penser et à constater qu’il a presque le…don d’ubiquité. Tout est préparé et mis en œuvre pour que dans chaque région, chaque département, chaque commune, chaque quartier ou village, on parle de Paul Biya à chaque minute. En effet, la campagne du candidat du RDPC est conçue pour que ce dernier soit omniprésent partout au même moment, l’effet de saturation en moins.

Pas besoin pour cela d’utiliser des hologrammes ou quelques artifices technologiques : l’effet multiplicateur et amplificateur de l’activité des équipes de campagne sur le terrain devrait suffire et permettre d’obtenir le résultat souhaité. Rappelons à toutes fins utiles les quatre grands principes qui sous-tendent le déploiement du RDPC à l’occasion de cette élection. Pour le compte de son candidat, le parti entend mener une campagne de rassemblement (tous pour un…), une campagne moderne, une campagne de persuasion et une campagne de contact. Les arguments puisent dans le bilan, la personnalité, les résultats et les réalisations de Paul BIYA, sa profession de foi et ses engagements pour le prochain septennat. Malgré toutes ces bonnes dispositions, une certitude demeure : il en est des campagnes électorales comme des institutions ; elles ne valent que ce que valent les hommes et les femmes chargés de les servir ou de les représenter. Dans une campagne électorale, les arguments seuls ainsi que les moyens et canaux de communication ne suffisent pas : le messager peut s’avérer plus important que le message. En d’autres termes, le message c’est aussi le messager. Pour la campagne qui commence ce samedi, les messagers de Paul BIYA devront donc faire preuve de persuasion ; être eux-mêmes convaincus pour espérer convaincre les électeurs et les électrices. Au soir du 12 octobre 2025, chaque membre d’une commission de campagne sera comptable, à un degré ou à un autre, à un niveau ou à un autre, du résultat du candidat pour lequel il aura battu campagne

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