La campagne électorale en vue de l’élection présidentielle du 12 octobre est lancée depuis samedi dernier et le moins que l’on puisse écrire est que les troupes du Rdpc ont aussitôt essaimé dans toutes les circonscriptions. Elles ont littéralement envahi le terrain, occupé les villages et les quartiers pour aller à la rencontre des électeurs et être en contact permanent avec eux pendant une quinzaine de jours. Pendant ce temps, Paul Biya, le Président-candidat, Commandant en chef des troupes, après avoir conçu et défini la stratégie, s’apprête à descendre lui-même sur le terrain. Ce sera un moment décisif, un tournant majeur dans cette bataille électorale. Paul Biya qui en est à sa huitième campagne a pris du galon et de l’avance dans ce domaine par rapport à ses adversaires.
Si l’expérience était d’ailleurs le seul critère permettant de départager les candidats en lice, Paul Biya serait sans concurrent. Son long magistère à la tête du pays s’est construit sur des épreuves plus redoutables les unes que les autres qui lui ont permis de faire ses preuves d’homme d’Etat. Pendant toutes ces années, la pierre de Paul a roulé et amassé de la mousse. Contrairement à la plupart de ses adversaires, il est loin d’être un moussaillon mais plutôt un capitaine au long cours ; un timonier aguerri qui sait naviguer sur des eaux agitées et malgré les vents contraires. Que de tempêtes ! Que de cyclones ! Que d’ouragans ! Que de tsunamis ! Que de naufrages évités grâce à la maestria du commandant de bord !
Qui se souvient encore que quelques mois seulement après son accession à la magistrature suprême, Paul Biya devait déjà affronter sa première épreuve du pouvoir : la crise de succession avec son prédécesseur. Celle-ci déboucha sur la tentative d’assassinat de 1983 et le putsch manqué du 6 avril 1984. La suite n’est qu’une longue liste non exhaustive d’épreuves politiques et de turbulences économiques : la création du Rdpc en 1985, le recours au Fmi en 1988, les années de braise de 1990 à 1992 et leur corollaire que furent les villes mortes et la revendication relative à la tenue d’une conférence nationale souveraine. « Sans objet » cingla un Paul Biya droit dans ses bottes. Chaque fois qu’une épreuve était surmontée, une autre apparaissait, telle une hydre à plusieurs têtes : le conflit de Bakassi en 1994, les émeutes de la faim en 2008, Boko Haram, la crise anglophone en 2016-2017.
Grâce à sa pondération, à son sens élevé de la tolérance et du pardon et surtout à sa connaissance des dossiers, à sa parfaite maitrise de la complexité de son pays et de son peuple, le Cameroun a su à chaque fois éviter le pire. En face de lui, personne ne peut revendiquer une telle expérience et une gestion des dossiers aussi sensibles. C’est la raison pour laquelle le choix du 12 octobre est vite fait. Dans un monde de plus en plus agité et incertain, Paul Biya, en quête d’un huitième mandat, reste l’homme de la situation et une garantie pour le présent et l’avenir du Cameroun.
