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Lutte contre les changements climatiques : l’ONACC outille 50 CTD

Mbalmayo – L’Observatoire National sur les Changements Climatiques (ONACC) a organisé, les 21 et 22 octobre 2025, un atelier stratégique à Mbalmayo destiné à renforcer la résilience climatique de cinquante communes issues des régions du Centre, de l’Est et du Sud.

En ouvrant les travaux, le Pr Joseph Armathé Amougou, Directeur général de l’ONACC, a rappelé la mission fondamentale de l’institution, créée sous l’impulsion du Président de la République, S.E. Paul Biya : évaluer les impacts des changements climatiques et proposer des mesures d’adaptation et d’atténuation.

Pour ces trois régions marquées par un régime pluviométrique bimodal — deux saisons de pluies et deux saisons sèches —, l’ONACC a déjà développé, depuis 2017, des outils essentiels à l’adaptation : 239 bulletins décadaires de prévisions et d’alertes climatiques, 32 bulletins saisonniers de prévisions des paramètres climatiques, ainsi que 10 calendriers agricoles adaptés aux cinq zones agroécologiques du pays.

« L’Observatoire a également conduit des études d’impact majeures, notamment sur les effets économiques de la variabilité du climat sur les rendements agricoles, et sur l’évaluation des pertes économiques liées aux principales spéculations agricoles », a précisé le DG de l’ONACC.

Atténuation : réduire l’empreinte carbone

Dans le cadre des politiques d’atténuation, l’ONACC a mis à la disposition des Collectivités Territoriales Décentralisées (CTD) des données de référence essentielles, notamment à travers la publication d’un rapport d’inventaire des émissions de gaz à effet de serre (GES) pour la zone à pluviométrie bimodale, ainsi que l’évaluation des comptes du capital naturel dans les communes de Ngoyla (Est) et Mintom (Sud), mettant en lumière la valeur économique de leurs écosystèmes forestiers.

Ces communes, situées dans la zone forestière humide, sont particulièrement exposées aux aléas climatiques qui affectent l’agriculture, les ressources hydriques et la santé des écosystèmes. Parmi les collectivités présentes à Mbalmayo figuraient celles d’Eséka, Mbandjock, Mvagan, Salampoumbè, Niette et Batouri.

La finance climatique, un levier de développement local

L’objectif principal de cette rencontre était de former les élus locaux à l’utilisation des services climatologiques de l’ONACC afin d’intégrer efficacement les enjeux climatiques dans leurs Plans de Développement Communaux (PDC).

L’ONACC a réaffirmé sa capacité à accompagner les CTD dans la mise en œuvre d’actions favorisant la réduction des émissions de GES et la séquestration du carbone, ouvrant ainsi l’accès à la finance climatique — un mécanisme prévu par la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC) qui valorise les efforts des collectivités engagées dans un développement bas carbone et résilient.

Cet atelier, rendu possible par la dynamique de la décentralisation, jette les bases d’une coopération durable entre l’ONACC et les CTD. Il confirme la volonté du Cameroun de transformer la contrainte climatique en opportunité de développement, par l’adoption de solutions vertes et résilientes, en droite ligne avec les engagements pris par le pays lors de l’Accord de Paris (COP 21).

Larissa LIKENG

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