La dernière session ordinaire du Comité intergouvernemental de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel de cette instance internationale tenue en Azerbaïdjan au mois de novembre, a évalué avec succès ces deux dossiers présentés par le Cameroun.
Selon toute vraisemblance, lors de la 20ème session (actuellement en cours à New Delhi en Inde), dont l’ouverture a eu lieu le dimanche du 7 décembre 2025, les deux éléments présentés conjointement par le pays de Paul Biya, le Gabon et le Congo à savoir le Mvet Oyeng, plus précisément les peuples Fang du Cameroun, du Gabon et du Congo, inscrit sous le numéro 02253, et le Guruna des peuples Massa de l’Extreme-nord–Cameroun et du Tchad, seront mis en délibéré et à coup sûr, déclarés désormais patrimoine culturel immatériel mondial de l’Unesco.
S’agissant du Mvet Oyeng, art musical, pratiques et savoir-faire associés à la communauté Ekang, il faut dire que c’est en 2019 que cet élément a été inscrit au registre du patrimoine culturel immatériel par le Gabon. L’année qui suivra, verra le tour du Cameroun qui portera à son tour le Mvet Oyeng à l’inventaire national du patrimoine culturel, avant que le Congo ne vienne clôturer ce processus communautaire dans le Registre des résultats d’inventaire en 2024, par leurs directions du patrimoine respectives. Les communautés concernées ayant joué à fond un rôle actif à toutes les étapes du processus de défense du dossier. La fréquence de leur mise à jour a été discutée dans le cadre du processus en cours. Bien plus, cet élément soumis à la sanction de la 20ème session du comité intergouvernemental de l’Unesco, a réussi à convaincre le jury du fait qu’il encourage la valeur de la musicothérapie et du développement durable, fonctionnant comme un moyen d’expression libre et promouvant la tolérance, la solidarité, la compassion et le respect d’autrui. Sa pratique étant fondée sur le respect de la nature et ne contribuant pas à la perte de la biodiversité.
Quant au Guruna, pratique des retraites pastorales, socioculturelles et artistiques autour du bétail chez les Massa, il a fait l’objet des inventaires généraux au Tchad et au Cameroun en 2024. Les Etats-parties ont démontré que l’inscription de cet élément contribuerait à assurer la visibilité et la sensibilisation à l’importance de ce patrimoine et à encourager le dialogue sur les pratiques traditionnelles d’élevage, susceptibles de promouvoir la durabilité dans les dimensions sociale, culturelle, économique et environnementale.
Il est à rappeler que le Mvet et le Guruna sont respectivement les 4ème et 5ème éléments que le Cameroun réussit à faire faire inscrit dans le riche patrimoine de l’Unesco. Ceci après le Nguon chez les Bamouns, le Ngondo des peuples Sawa et le site Diy-Gid-Biy des monts Mandara.
La 20ème session du Comité intergouvernemental de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel regroupe une centaine de pays d’Asie, d’Europe, d’Australie, d’Amérique et d’Afrique.
William Monayong
