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2026: année zéro

Les Camerounais se sont empressés de tourner la page de l’année 2025 mais c’était sans compter sur les facéties du temps: 2026, jeune de quelques jours seulement, n’a pas totalement soldé les bons et les mauvais comptes de l’année précédente. Une page est certes tournée sur le plan temporel mais celles de la nouvelle année restent à écrire malgré les gribouillages, les esquisses et les brouillons qui maculent encore les anciennes. Il n’y a rien de bien nouveau sous le soleil: la crise post-électorale a été maîtrisée mais les séquelles et les stigmates persistent encore; sur le plan économique, en dépit de quelques embellies ici et là, de gros nuages planent à l’horizon. La résilience seule ne suffira pas. Dans le domaine sécuritaire, la situation est globalement sous contrôle grâce au professionnalisme des forces de défense et de sécurité mais la vigilance doit être permanente, particulièrement dans les régions du Nord-ouest, du Sud-ouest et de l’Extrême-Nord. D’une année à une autre, bon an mal an, « le Cameroun  a poursuivi, d’un pas ferme, sa marche résolue vers le progrès, grâce au travail acharné du Gouvernement avec la précieuse contribution de nos vaillantes populations», selon le constat du président de la république dans son message à la nation le 31 décembre.

    Pour le RDPC, l’année 2025 a été marquée par la victoire étriquée de son candidat à l’élection présidentielle du 12 octobre, exposant ses fragilités et ses fractures internes. Elle s’est néanmoins achevée par un « grand chelem » lors des élections régionales du 30 novembre; échéance qui a cependant révélé lors de la mise en place des exécutifs régionaux un mal rampant que le parti cherche à combattre depuis des années: l’indiscipline. Autant de défis que le RDPC devra absolument relever en cette année dont l’un des temps forts sera sans doute l’organisation des élections municipales et législatives. Les militants qui se sont illustrés par des actes d’indiscipline ne perdent rien à attendre: le parti ne peut pas encourager ces comportements malsains.

    En attendant ces importantes échéances, 2026 peut être considéré politiquement comme une année zéro; c’est-à-dire l’année d’un nouveau départ, d’un aggiornamento, d’une ré-initialisation du logiciel et du disque dur aussi bien au niveau du parti que du gouvernement. Dans l’un et l’autre cas, un remaniement dans la forme et le fond est plus que jamais attendu. Pour le parti, les militants et les sympathisants attendent un congrès depuis 2011; avec à la clé des réformes en profondeur. S’agissant du gouvernement, l’attente frise l’impatience surtout depuis que le président en a fait l’annonce solennelle dans son message de fin d’année le 31 décembre dernier. « …En dépit d’un bilan appréciable, des efforts soutenus doivent encore être engagés sans délai, pour améliorer, de manière significative, vos conditions de vie. C’est ce à quoi s’attèlera en priorité, le Gouvernement que je mettrai en place. dans les prochains jours. » Un gouvernement de mission-l’amélioration des conditions de vie des populations-mais avec quels hommes et quelles femmes?

       Autrement dit, quel profil pour les membres du gouvernement annoncé? Le président réitère la priorité à accorder aux femmes et aux jeunes-une option proclamée et appliquée dans les textes du parti depuis…1995. Mais pas que: « il n’est pas question de stigmatiser les autres tranches d’âge ou catégories de notre société », rappelle Paul BIYA. Et d’esquisser à grands traits le portrait-robot des futurs ministres: « au-delà du critère de l’âge et du genre, ce qui continuera à être privilégié, dans l’accès ou le maintien aux postes de responsabilité, de même que dans les promotions, ce sont les qualifications, les compétences, la probité et l’engagement au service de l’intérêt général. » Des hommes, des femmes et des jeunes pas du tout contaminés et animés par le « sentiment rampant d’impunité » qui a tendance à se généraliser dans la société camerounaise. Gare à ceux et à celles qui traînent des casseroles!

   Il ne reste plus qu’à souhaiter au Président de la République d’avoir la main heureuse  pour dénicher les perles et les oiseaux rares. Un peu comme le président de la FECAFOOT et le nouveau staff de l’équipe nationale de football qui ont réussi en un laps de temps le « remaniement » au sein des Lions indomptables; lesquels réalisent jusque-là un parcours appréciable à la coupe d’Afrique des nations en cours au Maroc.

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