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La Société

Infanticides au Cameroun : C’est la fermeté qui manque le plus

Les nombreuses actions de sensibilisation, de mise en garde et des mesures prises par l’administration, restent jusqu’ici sans effet dissuasif, et le peuple continue d’en redemander.

L’actualité politique brûlante, de la plus importance, qui a cours en ce moment, y compris la modification de la loi fondamentale, ne réussissent pas à éclipser le sujet. L’infanticide occupe encore une place de choix des sujets de débats sur les plateaux de télévision et les studios de radios. Avec une même et lancinante préoccupation : pourquoi les pouvoirs publics ne prennent pas les décisions qu’il faut ? Pourquoi les députés, encore en session, ne s’y penchent pas pour contraindre le gouvernement à assumer ? D’aucuns estiment même que l’occasion était idoine pour insérer « quelque chose dans ce sens dans notre constitution, pourquoi pas » ? Le mal est profond et devient récurrent pour que le Cameroun continue de réagir aussi timidement face à une situation qui devient insoutenable, pensent d’autres. Entre temps, la psychose gagne du terrain et s’installe au sein des familles.

En effet, les Camerounais restent sur leur soif. A juste titre d’ailleurs, car ils continuent de se poser la question de savoir la suite réservée à la condamnation à mort par fusillade infligée à sieur Deffo, reconnu coupable du meurtre du jeune Mathis. Le dernier cas en date, c’était le 19 mars 2026. Le viol suivi du meurtre de Divine, une jeune élève de 11 ans, à Yaoundé, qui à son tour a suscité beaucoup d’émotions à travers le Cameroun. Un acte qualifié d’« inacceptable » par la ministre en charge des Affaires sociales, Pauline Irène Nguene qui, condamnant l’acte « avec la plus grande fermeté », reconnait une « série noire » d’infanticides sans d’autres précisions sur le nombre exact de cas recensés à ce jour. Se limitant simplement à évoquer des sanctions exemplaires pour les auteurs de ces crimes, la mise en place de dispositifs de veille et d’alerte communautaire ou le suivi psychosocial des victimes, entre autres.

L’opinion elle, estime que le contexte juridique et institutionnel au Cameroun ne protège pas suffisamment l’enfance et les personnes vulnérables et que le cas de Divine ne doit pas être traité comme un fait divers isolé, mais qu’il est symptomatique des violences sexuelles perpétrées sur des enfants au Cameroun, dont plusieurs se soldent en meurtre, selon l’Association camerounaise des femmes juristes (Acafej), qui se dit fortement préoccupée. A cette allure, les auteurs de ces actes ignobles risquent se donner des airs, au point d’ériger leurs pratiques en normes.

Ce qu’ils en pensent

Jean Michel Ebene : « Ce serait mieux, un conseil des ministres sur la question, présidé par le chef de l’État, avec, en conclusion, une communication du porte-parole du gouvernement contenant les actes précis préconisés par les ministres directement concernés par la sécurité (Minat, Minjustice, Dgsn, Mindef) ».

Landry Mercedes Foumane : « Mettez en place un numéro vert et une équipe dynamique, prêt à réagir. Vous devez travailler en étroite collaboration avec les forces de maintien de l’ordre ».

Franck Evian : « Cest un beau discours madame le ministren mais à l’heure où nous sommes, il faut plus que ça… Il faut des actes forts très forts qui vont dissuader les contrevenants, car pour mettre fin à cela il faudrait que le christ revienne, mais dissuader les autres porteurs du microbe qui favorise ces actes ».

Anastasie Atanga : « On veut des actions concrètes. Que de discours et peu d’action. Justice pour Divine »

Samuel Tanga Kene : « Seul le communiqué de presse ne peut résoudre le problème. Il faut un conseil ministériel présidé par la personne indiquée avec une communication finale, pour prendre des actes fortes ».

Joëlle Tsoungui : « C’est pas suffisant. Pourquoi ne pas créer une cellule anti violences ( infanticide, feminicides,….) pour dénoncer de façon efficace ce genre d’actes ? parce que quand tu vas appeler la police, ils vont dire qu’ils n’ont de carburant ou ils ne vont même pas décrocher le téléphone. Alors, pour moi il faut mettre sur pieds une unité qui répondra rapidement à nos appels. Les discours ne nous servent plus à rien et ça n’aide pas ».

Sandy Ombolo : « Il faut mettre sur pied des lois sévères pour punir ceux-là. Comme ça, ils vont réfléchir par deux fois avant de tenter toute action ».

Par William Monayong

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