Emmanuel Nganou Njoumessi a notamment apporté des éclaircissements à la question relative à la vétusté de l’outil de production.
Interpellé par le sénateur Jean Marie Mama au cours d’une séance plénière consacrée aux questions orales aux membres du gouvernement, le Mintp a fait savoir que le gouvernement joue la carte de la rigueur et de la performance. Dans un premier temps, il a dressé un bilan qui laisse entendre que le réseau routier s’améliore, même si le processus est lent. Selon son exposé, le réseau routier camerounais dispose aujourd’hui de 121873 km de routes dont 10939,92 km bitumées fin 2025 contre 8500 km en 2020. Par contre, 110 983 km de routes sont en terre et se dégradent vite à cause des pluies. Entre temps, l’exercice 2026 en cours a prévu 263 projets pour 5215 km de routes.
Malgré tout, on retient que le réseau routier camerounais gagne en qualité malgré la conjoncture. « L’état du réseau routier de notre pays gagne progressivement en amélioration de qualité, par le bitumage ou par l’entretien », a précisé Emmanuel Nganou Njoumessi. Il a souligné que pour la suite, le gouvernement entend vulgariser de façon continue la stratégie d’entretien durable des routes en terre. Bien plus, il entend mettre plus de rigueur dans la gestion des stations de pesage avec la digitalisation prochaine. Toute chose qui permettra de préserver les routes bitumées des dégradations précoces. Un changement de paradigme qui donnera forcement naissance à une entreprise publique plus rentable.
Pour ce qui est de la situation sociale du Matgénie, Emmanuel Nganou Njoumessi a relevé que l’entreprise est appelée à se réformer en profondeur. Pour lui, il doit naitre au sein du personnel un état d’esprit fait de désintéressement et de probité. En effet, il est question pour le Matgénie de s’autoproduire pour supporter ses charges. Autrement dit, il doit faire preuve de performance. Et pour y arriver, le gouvernement veut procéder au renforcement de l’équipe technique, car le Matgénie reste l’entreprise expert du gouvernement en matière d’équipement de génie civil contribuant à l’entretien routier. Il a donc besoin d’une recapitalisation qui lui permette de bien jouer son rôle, notamment à travers un partenariat avec les communes.
Selon le Mintp, une stratégie d’accompagnement des communes dans leurs initiatives avait été lancée en 2017 et n’a malheureusement pas prospéré, faute d’engins véritablement fonctionnels. Pire, les charges de l’entreprise se sont plutôt alourdies du fait du non-paiement des factures dont l’ardoise importante des créances vis-à-vis de certaines communes reste à recouvrer. Le ministre a rappelé que toute réforme des biens de l’Etat suppose l’avis du conseil d’administration.
Line Tanké Njiké

