Le système de répartition des pouvoirs entre les différentes forces est une question essentielle pour l’avenir de la gouvernance locale.
Pour le secrétaire permanent du Conseil national de la décentralisation, le législateur a organisé les compétences par domaines, pour éviter les chevauchements. La logique retenue est celle de l’échelle. La commune, collectivité de base, point de contact direct avec les populations, gère le quotidien en trois axes, à savoir le développement local ; le sanitaire et social, l’éducatif, sportif et culturel. En guise d’exemple, les écoles maternelles et primaires, l’eau potable, l’état civil. La communauté urbaine quant à elle, gère les projets d’agglomération et bénéficie de compétences exclusives. Cas de la gestion des ordures ménagères ou du plan directeur d’urbanisme. La région enfin intervient au niveau macro avec la mission de planification stratégique, de coordination et de développement harmonieux du territoire. Elle gère les routes régionales, la promotion de la presse en langues nationales, etc. Les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest bénéficient en plus d’un statut spécial avec des compétences sur l’éducation anglophone et la chefferie traditionnelle. Selon ce cadre de la décentralisation, à ce jour, l’État a transféré 73 compétences aux régions et 61 aux communes. Et entre principes et défis, il existe des zones grises et le système repose sur cinq principes que sont l’exclusivité, la subsidiarité, la complémentarité, la progressivité et la concomitance. Ce dernier principe est fondamental, car tout transfert de compétences s’accompagne du transfert des ressources et moyens nécessaires. Ces précisions permettent ainsi de lever les zones grises par des textes d’application plus précis, transférer par blocs de compétences homogènes, accélérer le transfert des compétences prévues par la loi, et doter les Ctd d’un vrai pouvoir d’affectation des personnels.
Line Tanké Njiké

