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L'Editorial

L’unité en triomphe :

Le Cameroun célèbre demain la 39e édition de la Fête nationale de l’unité sur fond de cinquantenaire de la Réunification. L’année dernière la fête s’était déroulée sous le signe du 50e anniversaire de l’indépendance.

Les années passent, les célébrations défilent, les événements changent mais une constante demeure : depuis son indépendance en 1960 jusqu’à son unification en 1972 en passant par la Réunification en 1961, le Cameroun a toujours été en quête de la consolidation de son unité nationale. L’histoire et la géographie expliquent et justifient cette quête quasi obsessionnelle. Après les Carthaginois et les Portugais, le Cameroun a dû faire face à la convoitise de l’Allemagne, de la France et de la Grande-Bretagne. Ces étapes successives ont contribué, peu ou prou, au morcellement du territoire camerounais. Une fois-l’indépendance chèrement et douloureusement acquise en deux temps- 1960 pour l’ex Cameroun oriental et 1961 pour l’ex-Cameroun occidental – il a fallu « recoller » les morceaux dont s’étaient accaparés la France et la Grande-Bretagne. Le processus s’achèvera le 20 mai 1972 avec l’avènement de l’Etat unitaire. Il consacre la volonté souveraine d’unité des Camerounais. Quarante ans plus tard, celle-ci parait inébranlable malgré les risques et vicissitudes. D’autres dangers se profilent à l’horizon en cette année 2011.
En effet, le Cameroun organise en octobre prochain une élection présidentielle à enjeux multiples. L’un de ces enjeux, et non des moindres, sera la préservation de l’unité, avant, pendant et après le scrutin. Il n’est un secret pour personne qu’une élection, de surcroît présidentielle, présente des risques et comporte des facteurs de division notamment en raison des conditions d’organisation et du déroulement du scrutin, susceptibles d’entraîner certains vers la violence.
L’unité nationale sera donc, au même titre que la paix sociale et la sécurité, à l’épreuve du prochain scrutin. De la capacité de tous à relever ce défi dépendra le climat social qui prévaudra dans le pays avant, pendant et après l’échéance. Au premier rang des acteurs interpellés figurent les pouvoirs publics, les partis politiques, la société civile et les responsables d’Elecam, l’organisme indépendant chargé de l’organisation et de la gestion des élections au Cameroun. L’élection présidentielle d’octobre 2011 constituera leur baptême du feu. Feront-ils de ce coup d’essai un coup de maître ? Tous les Camerounais l’espèrent et le souhaitent en dépit des récriminations et des contestations exprimées régulièrement par certains partis politiques et observateurs. Le SDF, par exemple, annonce depuis quelques semaines sa volonté d’empêcher la tenue de l’élection présidentielle. Avec et par quels moyens ? Violents ou non-violents ? Le SDF se garde bien de dévoiler sa stratégie. Quoiqu’il en soit, tout le monde devra, chacun en ce qui le concerne, prendre ses dispositions pour éviter le pire.
Pour sa part, le RDPC entend placer la célébration de la 39e édition de la fête nationale de l’unité sous le thème fédérateur du 26e anniversaire du parti le 24 mars 2011 : « Tous ensemble pour relever les défis de l’heure ». Dans la circulaire émise à cette occasion, le secrétaire général du Comité central expliquait : « C’est un thème fédérateur qui renvoie aux fondements mêmes de notre Grand Parti dont le rassemblement qui implique cohésion, solidarité et mise en commun des forces et des énergies en constitue la pierre angulaire, la finalité et la raison d’être. » Certes le rassemblement dont il est question s’adresse aux militants du parti par rapport à l’élection d’octobre prochain. Mais il va également bien au-delà. En tant que parti au pouvoir qui doit montrer le bon exemple en tout lieu et en toutes circonstances, le RDPC doit s’illustrer par la cohésion dans ses propres rangs s’il veut convaincre les Camerounais de l’impérieuse nécessité de préserver et de consolider l’unité nationale. Pratiquer l’unité dans ses propres rangs pour mieux la promouvoir à l’échelon national ; cela s’appelle prêcher par l’exemple. D’où cette exhortation forte de René Sadi : « Les succès d’aujourd’hui et les victoires de demain ne sont possibles qu’avec le concours, la contribution et la mobilisation de tous, dans un même élan de solidarité nationale et soudés derrière le Président de la République, tant il est vrai que si l’union fait la force, il n’y a pas de force sans union. »
La responsabilité du RDPC en matière d’unité nationale va bien au-delà d’une échéance électorale. Elle est permanente. Les scrutins passent, la République demeure. L’élection présidentielle d’octobre prochain ne saurait constituer une exception. A l’issue du scrutin, si triomphe il y a, il doit être celui de l’unité, de la paix et de la liberté. Vendredi 20 mai 2011, dans chaque localité où se déroulera la fête, les Camerounais doivent avoir à l’esprit cette vérité : l’unité du Cameroun n’a pas de prix.
 CMZ

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