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RIZ : Le Cameroun veut produire plus

Le gouvernement est déterminé à porter sa production à 750 000 tonnes dans le but de satisfaire la demande nationale. Pour cela, il compte sur une plus grande mécanisation et une assistance accrue des producteurs.

Le pays veut devenir autosuffisant pour ce qui est du riz, la denrée la plus consommée dans le pays. En présidant la cérémonie de lancement du Projet de développement de la chaine de valeur riz au Cameroun, le 13 septembre dernier en présence du ministre du Cadastre et des Affaires foncières, André Eyebe Ayissi et du ministre délégué à l’Economie, Paul Tasong, le Minader a été clair sur cette ambition qui s’appuie sur la Stratégie de développement de la filière riz (Sdr), pour la période 2023-2030, récemment élaborée par le gouvernement.
Il s’agit concrètement de quatre axes principaux : l’accroissement substantiel de la production et la productivité de la filière rizicole, le renforcement de la résilience des systèmes de production de la filière devant faire face aux changements climatiques, l’amélioration de la gouvernance et du capital humain des acteurs de la filière et l’amélioration des infrastructures et de l’accès aux facteurs de production dans les zones à fort potentiel. La mise en œuvre permettra au pays de produire 750 000 tonnes de riz blanchi par an ; permettant au Cameroun non seulement de satisfaire sa demande domestique qui tourne autour de 600 000 t et d’inscrire le pays parmi les pays exportateurs.
Le déploiement du projet sur le terrain va complètement changer le visage de la filière, à travers l’amélioration des moyens de production qui passe par la mécanisation qui permet de produire dans des exploitations plus grandes. Sans oublier l’amélioration des conditions de travail des acteurs de la filière et le renforcement de leurs capacités. L’on procèdera par ailleurs à l’aménagement de 60 000 hectares de riz irrigué et 200 000 hectares de riz pluvial à haut rendement. Il sera par ailleurs question d’améliorer la qualité du riz permettant de mettre à disposition des ménages, un produit de qualité à des prix très compétitifs.
Le lancement de ce projet rentre dans la stratégie gouvernementale de renforcement de la production de certaines spéculations dans le but de réduire considérablement ses importations. La crise sanitaire du Covid-19 et la guerre en Ukraine sont venus en effet démontrer la fragilité de l’économie mondiale dont les agrégats peuvent changer à tout moment. D’où la décision du gouvernement camerounais de promouvoir l’import-substitution qui consiste à remplacer graduellement certaines importations par des produits locaux. Le Projet de développement de la chaine de valeur riz au Cameroun en sera assurément un levier décisif.

Claude MPOGUE

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