Il sera toujours temps de tirer les leçons du scrutin présidentiel du 12 octobre 2025, qui apparaît d’ores et déjà comme l’un des plus disputés au Cameroun depuis 1992. Le RDPC, son candidat et le régime en place ne pourront pas faire l’économie d’un tel exercice, tant il y a des choses à dire et à redire sur la gestion de cette importante séquence de la vie nationale — avant, pendant et après.
Au regard des tendances issues des travaux de la Commission nationale de recensement général des votes, l’espoir demeure, mais il est encore trop tôt pour crier victoire tant que toutes les instances de vérification, de validation et de certification n’ont pas encore statué.
En effet, le processus électoral camerounais ressemble à un match de football où les arbitres sont assistés par la VAR. Difficile désormais de valider un but sans l’assistance de ce dispositif technique, qui dissèque et découpe toutes les images sous plusieurs angles pour permettre aux arbitres, ainsi qu’aux spectateurs et téléspectateurs, de se faire leur propre opinion en cas de faute ou d’acte litigieux.
Dimanche dernier, jour de scrutin au Cameroun, à peine les bureaux de vote fermés, un joueur manifestement en position de hors-jeu a cru devoir lever les bras au ciel pour célébrer un but marqué. Une partie de ses supporters a exulté avec lui et jubile encore, sans attendre la décision de la VAR.
Or, les ralentis des images montrent bien que le but sera annulé, puisqu’il est entaché d’une faute grossière. Le joueur, roublard et vicieux, et ses supporters n’en ont cure : ils font du bruit dans les gradins alors que la vérification se poursuit en toute sérénité.
L’heure de vérité approche, et le match pourrait bien s’arrêter là, puisqu’on était au temps additionnel et que leur équipe était déjà menée au score.
Ce mercredi 22 octobre s’ouvre le contentieux postélectoral devant le Conseil constitutionnel, mais certains plaignants ont retiré leurs recours les uns après les autres. Le volume des dossiers, réduit comme une peau de chagrin, laisse présager un verdict final rapide. Le véritable vainqueur, dont l’identité n’est plus qu’un secret de Polichinelle, sera proclamé lundi prochain, conformément à la loi. Ce sera l’avant-dernière étape du processus électoral, dont l’apothéose sera la prestation de serment du candidat élu.
Quelle que soit son identité, ce dernier n’aura droit à aucun état de grâce. La victoire aura un goût amer, car, outre la sécurité et la paix sociale à préserver, il devra très rapidement rassembler et rassurer des Camerounais chauffés à blanc par une propagande violente et séditieuse, sur fond de discours de défiance et de haine.
Il sera alors temps de tirer les leçons de cette élection présidentielle du 12 octobre 2025.
Plus rien ne sera comme avant !
