C’est l’essentiel à retenir de son message, adressé aux fidèles catholiques en prélude au « mercredi des cendres ».
« La paix soit avec vous ! » Cette salutation du Christ à ses apôtre quelques jours après sa résurrection va orienter les 40 jours de prière, de partage et de pénitence qui s’ouvre ce jour par la « Messe des cendres ». C’est en tout cas, ce que propose le pape Léon dans son message aux chrétiens du monde entier à cette occasion.
Pour comprendre cet appel du souverain pontife à une « paix désarmée », il faut d’abord se rendre compte d’une réalité malheureuse et implacable du monde moderne : que ce soit entre les Etats, les familles ou les individus, la paix résulte de plus en plus des rapports de force, par opposition au respect, à la tolérance et à l’amour du prochain qui devraient prévaloir… Une réalité bien connue au Cameroun, pays qui connait des troubles sécuritaires dans quatre de 10 ses régions, et auxquels s’ajoute la montée des discours de haine et du repli identitaire. En appelant à une « paix désarmée », c’est donc à une paix des cœurs, où la volonté de vivre ensemble, l’amour, le respect de l’autre priment sur la force, la volonté de domination… C’est une invitation à déposer les armes pour dialoguer. Un peu comme dirait Paul Biya : « ne nous battons pas, débattons ».
La conversion des cœurs pour une paix durable
Les 40 jours de marche avec le Christ au désert qui s’ouvrent ce mercredi constituent donc une excellente occasion de conversion des cœurs pour une paix durable. Pour accueillir cette paix que seul Jésus-Christ peut donner, et la propager dans la société, les fidèles devront s’appuyer principalement sur le jeûne, la prière et le partage. Le rituel d’imposition des cendres de ce jour : « tu es poussière et tu retourneras poussière » ou encore « convertis-toi et crois à la bonne nouvelle », loin de rabaisser l’être humain, l’invite tout simplement à l’humilité du cœur. « Déchirez vos cœurs et non vos vêtements », dit à cet effet le prophète Joël. Parlant d’ailleurs de la symbolique des cendres et de cette vertu de l’humilité, incontournable dans le cheminement avec Dieu, le défunt pape François nous rappelle que « dans le cours des siècles et des millénaires, nous sommes de passage ; devant l’immensité des galaxies de l’espace nous sommes minuscules. Nous sommes poussière dans l’univers ». Mais poursuit-il, « nous sommes une poussière précieuse, une poussière aimée de Dieu, destinée à vivre pour toujours ».
Au moment où l’humanité fait face à l’arrogance des puissants, où la relative paix, précaire, repose sur l’équilibre de la terreur entre les puissants qui se craignent réciproquement, par ce que pouvant s’autodétruire ; la véritable paix ne peut venir que de Jésus-Christ.
Léon Marie Evina
