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La Société

Autonomisation de la femme : L’offre imparable de l’Ofrdpc

À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes célébrée le 8 mars, l’organisation spécialisée a déployé sur le terrain une stratégie offensive mêlant formation, sensibilisation et action économique concrète.

Le 8 mars n’est plus un simple rendez-vous protocolaire. Depuis son institution par l’Organisation des Nations unies en 1977, la Journée internationale des droits des femmes s’est imposée comme un baromètre de l’engagement réel des États, des partis politiques et des organisations sociales en faveur de l’égalité. Le thème retenu cette année : « Droits, Justice, Action pour TOUTES les femmes et les filles », sonne comme une interpellation : au-delà des discours, quelles réponses tangibles ?

Au Cameroun, où les femmes représentent plus de la moitié de la population selon les données de l’Institut national de la statistique, les défis restent considérables : accès au financement, formalisation des activités, violences basées sur le genre, précarité en milieu rural. Les rapports d’organisations internationales comme Onu Femmes rappellent régulièrement que l’autonomisation économique constitue l’un des leviers les plus efficaces pour réduire les inégalités et prévenir les violences. C’est dans cette dynamique que l’Ofrdpc, bras féminin du Rdpc, multiplie les initiatives de terrain. Formations aux activités génératrices de revenus, ateliers pratiques causeries éducatives sur les droits des femmes, sensibilisation aux violences conjugales et aux féminicides : l’approche se veut globale. L’enjeu est double. D’une part, doter les femmes de compétences immédiatement monnayables dans des filières porteuses, notamment l’agro-transformation, secteur stratégique au regard des politiques publiques de promotion de la transformation locale. D’autre part, créer des espaces de parole et d’information sur les mécanismes juridiques de protection existants, à l’heure où la dénonciation des violences faites aux femmes gagne en visibilité dans l’espace public. Sur le terrain, ces formations prennent souvent la forme d’ateliers pratiques, animés par des techniciens et des encadreurs locaux. L’objectif affiché : passer de la dépendance économique      à           l’initiative entrepreneuriale, même à petite échelle. Pour de nombreuses participantes, la maîtrise de la transformation du manioc ou de la patate en farine représente bien plus qu’un savoir-faire : c’est une possibilité d’augmenter la valeur ajoutée d’un produit agricole courant et d’accéder à de nouveaux marchés.

En articulant autonomisation économique et conscientisation sociale, l’Ofrdpc entend répondre, à sa manière, à l’exigence d’« action » contenue dans le thème international de 2026. Reste que le véritable test se mesurera dans la durée : pérennité des micro-activités créées, accès au crédit, structuration en coopératives. Mais une chose est certaine : à l’heure où les femmes réclament des droits effectifs et non symboliques, celles qui repartent de ces formations avec un savoir concret entre les mains portent déjà la preuve que l’émancipation peut aussi s’écrire au présent.

Charles Ebode

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