L’enfant du monde, de par les œuvres qui l’ont fait connaître et fait parler du Cameroun dans le monde entier, a rejoint la terre de ses ancêtres à Nindjè le 27 juin 2026.
En présence du ministre des Arts et de la Culture, Bidoung Mkpatt, représentant le chef de l’Etat camerounais Paul Biya, la terre de Nindjè, ce petit village à quelques encablures de la ville de Ndom, dans la Sanaga Maritime, s’est définitivement refermée sur la dépouille du père des « Ecrans noirs ». C’était dans une atmosphère empreinte d’émotion à leur paroxysme. Le premier à prendre la parole a du contenir les larmes, la gorge nouée, lorsque, frappant de sa baguette et du point trois fois la terre, il demande aux ancêtres « d’accueillir favorablement l’icône mondiale du cinéma et petit frère de Philippe Mataga ». Mais avant, le garant de la tradition n’a pas manqué d’adresser la gratitude du peuple Ndog Gwek en général et la famille Log Iko. Pour les oncles maternels, par la voix de Victor Podga Podga : « Emile Bassek Ba Kobhio incarnait la vaillance, la persévérance, le courage et la volonté pour faire de son rêve une réalité et parvenir au sommet de son art. A l’image de ses parents (hommes et femmes), qui parcouraient des centaines de kilomètres pour aller à l’école et obtenir leurs diplômes ». Bien plus, aux questionnements de l’assistance sur les causes du décès du cinéaste, il a avoué ne pas être en mesure d’apporter quelque réponse que soit. « Seul Dieu connaît pourquoi, comment, quand il nous envoie sur terre et pourquoi il nous en retire », a-t-il conclu.
Pour consoler familles, amis, collègues des Écrans noirs, autres connaissances d’Emile Bassek Ba Kobhio, le collège des célébrants, conduit par le trio des révérends pasteurs Siméon Mboo, Achille Ateba et Pierre Mbenda, a apporté le message d’espérance tiré du texte des Lamentations 3 : 19-25. « Car, malgré les circonstances de la vie, Dieu nous aime d’un amour infini. Retournons à lui pour espérer des jours encore meilleurs ».
Des autres témoignages, notamment des Écrans noirs, « Bassek Ba Kobhio avait toute l’autorité et la légitimité de son art et personne ne saurait en douter. Il aura postulé et atteint la postérité », a déclaré Alain Noël Mekoulou Mvondo, le porte-parole. Dans l’oraison funèbre déclamée par Jacques Blaise Kenne, le secrétaire général du ministère des Arts et de la Culture, devant un nombre impressionnant de membres du gouvernement, a déroulé une batterie d’éloges en la mémoire de l’illustre disparu. Revenant sur son abondante production, incluant toute la chaîne des métiers du cinéma.
Bassek Ba Kobhio s’en est allé. Le film s’achève, mais la projection de ses œuvres se poursuivra certainement dans les salles, les cœurs et les esprits de tous ceux qui l’ont aimé ou non, connu ou non, apprécié ses productions ou non.
William Monayong, de retour de Ndom

