Malgré des emplois souvent stables laissés dans leur pays et après d’énormes sacrifices financiers liés aux procédures, certains immigrés sont employés dans des tâches subalternes, loin des aspirations professionnelles ayant motivé le voyage.
Si pour beaucoup d’africains bercés par la propagande d’un occident paradisiaque, l’Europe et l’Amérique sont les continents idéaux pour réussir sa vie, la réalité pourrait être tout autre. Si l’on considère les témoignages d’expériences de certains d’entre eux, les choses ne sont pas si simples. Bien aux contraire, les déceptions sont nombreuses. « Le Canada, le Québec a détruit beaucoup de vies et continue à détruire beaucoup de vies » se plaint un immigré Camerounais au Canada ayant pourtant laissé derrière lui, son poste d’enseignant de physique, soit l’équivalent de cadre dans la Fonction publique Camerounaise, pour se lancer dans l’aventure canadienne. « Quand vous êtes à l’extérieur, on vous vend un certain rêve. On vous dit qu’on a besoin d’employés. Attention, on a besoin de creuseurs de puits, des gens qui travaillent dans la manufacture, des gens qui livrent les pommes », dénonce-t-il plein d’amertume. Avant de poursuivre : « professeur des lycées au Cameroun depuis 11 ans, je suis arrivé ici, j’ai fait un deug en électronique, je suis en train de faire une formation en informatique et nous sommes nombreux. Un jour, j’ai même fait une entrevue, une petite dame, qui me demande c’est quoi un rectangle, moi enseignant de physique ».
Dans un témoignage poignant contenu dans une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux, une jeune étudiante Camerounaise livre une expérience quasi similaire sur ses conditions de vie au Canada. « Je vous jure, j’ai envie de rentrer chez moi. Je ne sais pas qui m’a envoyé dans ce pays, mais j’ai envie de rentrer chez moi. La vie est tellement dure. Tu cherches à retirer la tête de l’eau, on te maintient. Chaque jour je me bats. Quand je venais au Canada, je pensais que je devais faire deux ans ici j’achète mon terrain au pays. Depuis que je suis arrivée au Canada, je n’arrive pas à économiser même 1 dollar, c’est dur, c’est dur. Tu travailles n’importe comment, tu n’as pas d’argent ». A ces nombreux cas, il faut également relever celui des africains attirés par des promesses financières et d’acquisition des nationalités russe ou ukrainienne, qui combattent en ce moment en Ukraine, souvent en 1ère ligne de front sous la neige, servant de chair à canon dans le conflit militaire qui oppose ces deux Nations.
Alors que de nombreux jeunes n’ont pour projet de vie que d’émigrer vers l’occident, il est peut-être temps de prendre conscience que l’argent et l’énergie dépensés peuvent servir à construire un pays de rêve. Et que nulle part dans le monde, la richesse, le luxe et l’argent ne tombent du ciel. Tout est le fruit du travail, de la patience et de la persévérance.
Léon Marie Evina
