Le Secrétaire général de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf), Wamkele Mene, l’a annoncé au ministre du Commerce, au cours d’une audience qu’il lui a accordée le 4 juillet dernier, au nom du Premier ministre, chef du gouvernement.
C’est dans une ambiance chaleureuse et cordiale que les deux responsables se sont retrouvés. D’entrée de jeu, le diplomate sud-africain, a tenu à féliciter vivement le Cameroun pour son engagement dans la mise en œuvre de la Zlecaf. Le processus est non seulement bien engagé, mais également très avancé au Cameroun qui en est non seulement un pionnier, mais est également déterminé à tirer pleinement avantage de ce mécanisme qui permet à ses entreprises de vendre librement leurs produits dans tout le continent.
En effet, depuis le lancement officiel des échanges dans le cadre de la Zlecaf le 1er janvier 2021, seuls dix pays ont réussi à commercer sous ce régime préférentiel à travers la délivrance des certificats d’origine. Le Cameroun figure parmi ces pays pionniers et se distingue comme le seul pays d’Afrique centrale. Pour Luc Magloire Mbarga Atangana : « Le contexte mondial actuel vient démontrer qu’il est important que nous comptions d’abord sur nos propres forces, de sortir de cette dépendance vis-à-vis du marché mondial, et de donner du sens à la Zlecaf ».
Dans cette optique, il a annoncé la mise en place prochaine d’instruments incitatifs destinés à encourager les entreprises camerounaises à s’engager davantage dans cette dynamique continentale. Le Cameroun bénéficie déjà du régime préférentiel communautaire dans le cadre de la sous-région Afrique centrale. Les autorités ayant négocié et obtenu pour une centaine d’entreprises camerounaises, des avantages et tarifs préférentiels, tant au niveau de la Cemac que de la Ceeac.
Pour le Mincommerce, il est question d’étendre ces acquis au cadre continental à travers la Zlecaf. Les entreprises camerounaises déjà enregistrées comme entreprises Cemac ou Ceeac bénéficieront dans les prochains jours du statut d’exportateurs agréés, leur permettant de commercer sans avoir à apporter constamment la preuve de l’origine de leurs produits. « C’est la première mesure concrète que nous allons prendre pour inciter ces entreprises à sortir de l’espace sous-régional pour évoluer dans l’espace continental », a ajouté le ministre Mbarga Atangana. Ce dernier a également évoqué un autre dispositif prévu par les textes de la Zlecaf : le statut de « Société de commerce » destiné aux entreprises les plus performantes et donnant droit à des financements auprès d’institutions prestigieuses.
Wamkele Mene, a soulevé l’importante question des infrastructures ; relevant que le commerce intra-africain demeure onéreux en raison du coût des transactions, lui-même lié au déficit infrastructurel. « Il est question de travailler sur la création des infrastructures nécessaires aux échanges », a-t-il indiqué. Dans cette perspective, un projet ambitieux est en cours et sera entièrement financé par la Zlecaf. Il s’agit de la rénovation du marché de Kyé-Ossi, point stratégique entre le Cameroun, le Gabon et la Guinée équatoriale où un poste frontalier unique et digitalisé sera rénové afin de favoriser les échanges entre ces trois pays et servant de modèle pour d’autres pays de la sous-région et au-delà. Les deux personnalités ont également évoqué la question du renforcement des capacités du secteur privé.
Claude Mpogué
