Ces dernières années, sous son impulsion, le ministère de l’Eau et de l’Énergie a renforcé l’accès à l’eau potable et à l’électricité, multiplié les barrages hydroélectriques, modernisé les réseaux, et porté l’électrification rurale, contribuant ainsi au développement durable du Cameroun.
L’Action : Quels sont les principaux projets réalisés ou en cours dans le domaine de l’accès à l’eau potable, aussi bien en milieu rural qu’urbain ?
Gaston Eloundou Essomba : C’est avec un réel plaisir que je saisis l’opportunité de cet entretien pour présenter à vos lecteurs les efforts engagés par le gouvernement, conformément à la vision du Président de la République, afin d’assurer à tous nos concitoyens un meilleur accès à l’eau potable et à l’électricité.
Dans le domaine de l’hydraulique urbaine, le projet emblématique reste le Paepys, le Projet d’alimentation en eau potable de la ville de Yaoundé et ses environs à partir du fleuve Sanaga. Mis en service le 20 août 2024, il apporte déjà 300 000 m³/jour supplémentaires, avec une extension prévue jusqu’à 400 000 m³/j. Ce projet a résorbé un déficit chronique qui affectait durablement la capitale. En vue de permettre au maximum d’habitants de la capitale de profiter de cette offre en eau potable, le chef de l’Etat a instruit une dotation de 10 milliards FCFA en 2024 pour financer le Projet d’urgence pour une meilleure intégration de l’offre de Paepys (Pumip). Il s’agit concrètement de l’extension du réseau sur 100 km et la réalisation de 77 347 nouveaux branchements. A date, le taux de réalisation est de 70%.
L’impact de ce projet sur le bien-être des populations est considérable. Les problèmes auxquels étaient confrontés les ménages disposant de branchements sans eau ne sont plus qu’un lointain souvenir. Les nombreux témoignages recueillis mettent en avant l’abondance du précieux liquide dans les robinets et la raréfaction des coupures, signe d’un changement profond dans la vie quotidienne.
La capitale économique n’est pas en reste. Un mégaprojet d’alimentation en eau potable à Douala est en cours de maturation et vise une production de 400 000 m³ par jour pour résorber durablement le déficit. Dans le même temps, la station de Japoma est en cours de réhabilitation et son rendement passera de 55 000 à 123 000 m³ par jour. Par ailleurs, la phase II du projet d’alimentation en eau potable de neuf villes, qui concerne Maroua, Garoua, Garoua-Boulaï, Dschang et Yabassi, avance à grands pas. Les taux d’exécution sont déjà de 75,38 % à Maroua et de 66,91 % à Garoua, tandis que les autres sites progressent également. À terme, ce projet portera la capacité additionnelle à 107 000 m³ par jour.
Dans le monde rural, le Plan d’urgence triennal pour l’accélération de la croissance économique, plus connu sous l’acronyme Planut, a permis de réaliser dans sa première phase 19 adductions d’eau dans le Nord-ouest et 896 forages équipés de pompes manuelles dans neuf régions. Sa deuxième phase a achevé 898 forages supplémentaires dans les trois régions septentrionales. De plus, nous avons engagé la réhabilitation de 350 stations Scanwater fonctionnant grâce à l’énergie solaire, en même temps que nous avons poursuivi la construction de milliers de forages modernes.
Enfin, pour répondre aux besoins persistants dans les régions septentrionales, le projet Sewash, prévu pour la période 2026–2033, financera la construction de 103 mini-systèmes d’alimentation en eau potable, pour un coût total de 131,191 milliards FCFA déjà disponible pour la première phase.
Quelles sont les avancées concrètes dans la réduction des délestages et l’amélioration de l’accès à l’électricité sur l’ensemble du territoire national ?
Les résultats enregistrés parlent d’eux-mêmes. En 2017, le taux d’accès à l’électricité s’élevait à 61 %. En 2025, il atteint 74 %, soit près des trois quarts de la population. Cette progression repose sur la mise en service de plusieurs infrastructures structurantes.
Ainsi, le barrage de Memve’ele, avec une puissance de 211 MW, a stabilisé l’approvisionnement dans sept régions, notamment à Yaoundé, Kribi, Ebolowa et Sangmélima. De son côté, le barrage de Lom Pangar, grâce à sa centrale de pied de 30 MW et à la régulation du fleuve Sanaga, garantit jusqu’à 170 MW supplémentaires en période d’étiage. Quant au barrage de Nachtigal, qui est désormais opérationnel, il représente à lui seul 30 % de la capacité installée du pays, avec une puissance de 420 MW. Sa structuration financière a été saluée au niveau international comme un modèle innovant de partenariat public-privé. Ses retombées sont concrètes : la création d’emplois, la dynamisation de l’économie et une nette amélioration du taux d’accès à l’électricité.
Dans le prolongement de cette dynamique, les premiers travaux du barrage de Kikot, d’une capacité de 500 MW, démarreront en 2025. Ensuite viendra le barrage de Minkouma, dont la capacité de 300 MW renforcera le système électrique dès 2026. De plus, le barrage de Bini à Warak, qui combine une composante hydroélectrique et une composante solaire, commencera à injecter ses premiers kilowattheures dans le réseau en 2028. Enfin, la centrale thermique à gaz de Limbé, d’une capacité de 350 MW, deviendra la plus grande centrale à gaz du pays. Les travaux commenceront fin 2026 et la mise en service est programmée pour décembre 2028.
Concernant le transport, la construction de la ligne reliant le réseau Sud au réseau Nord a déjà débuté. Son achèvement en 2028 permettra au Cameroun de disposer d’un réseau unique et intégré, mettant fin à la dualité qui existe actuellement entre le Nord et le Sud. En parallèle, l’interconnexion avec le Tchad est également prévue, les financements étant déjà disponibles.
Comment votre ministère travaille-t-il avec les collectivités locales et partenaires techniques pour accélérer les chantiers d’électrification et d’hydraulique ?
Ministre : Nous avons résolument choisi la voie du partenariat. L’exemple de Nachtigal illustre parfaitement cette approche, avec un montage financier de 790 milliards FCFA réunissant l’État, Edf, la Sfi, Africa 50, Stoa, ainsi que des bailleurs majeurs tels que la Banque mondiale et l’Afd.
Dans le domaine de l’eau, nous poursuivons le transfert progressif des compétences et des ressources aux Communes pour les zones situées hors de la concession Camwater. À ce titre, près de 32,6 milliards FCFA ont été transférés entre 2018 et 2025. En outre, nous développons des solutions locales adaptées, comme la mini-centrale de Mbakaou-Carrière, d’une puissance de 1,4 MW, qui dessert déjà six localités et plus de 2 500 abonnés. Enfin, la coopération bilatérale et multilatérale reste essentielle : la Chine, la Bad, l’Afd et la Banque européenne d’investissement accompagnent nos efforts par des financements et un appui technique déterminant.
Quelles mesures sont mises en œuvre pour promouvoir les énergies renouvelables et renforcer la résilience énergétique du pays ?
La diversification énergétique est au cœur de la stratégie du gouvernement. C’est ainsi que le chef de l’État a lancé le plus grand programme solaire hors réseau d’Afrique centrale, qui prévoit l’électrification de 1 000 localités par systèmes photovoltaïques. À ce jour, 437 centrales sont déjà opérationnelles, ce qui a permis de connecter près de 26 000 ménages. Les autres chantiers en cours permettront de raccorder 15 000 ménages supplémentaires d’ici 2026.
En parallèle, les centrales solaires hybrides de Maroua et Guider, d’une capacité combinée de 36 Mw et équipées d’un stockage de 19 Mwh, fournissent de l’électricité à 34 000 ménages, couvrant 40 % de la demande diurne locale. Elles génèrent des économies de 41 milliards FCFA par an en fuel et réduisent de 45 000 tonnes les émissions de CO₂. La phase II de ce programme a été lancée le 15 septembre dernier à Maroua pour les mêmes localités. Elle viendra ajouter 28,6 MWc supplémentaires et générer de très nombreux emplois directs.
Enfin, le Compact Énergétique constitue désormais le cadre stratégique de référence. Il vise à porter le nombre de nouveaux abonnés à 8 millions d’ici 2030, tout en renforçant la production, le transport et la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique national.
Que peut-on retenir du bilan du Chef de l’État dans votre secteur, et quel message souhaitez-vous adresser aux électeurs en cette période déterminante ?
Ministre : Le bilan est sans équivoque. En matière d’électricité, le taux d’accès est passé de 61 % en 2017 à 74 % en 2025. Dans le domaine de l’eau potable, plus de 80 % des Camerounais bénéficient aujourd’hui d’une source améliorée d’approvisionnement, contre seulement 27,5 % en 1976. De plus, la transition énergétique a été menée avec succès grâce à la combinaison des grands ouvrages hydroélectriques comme Memve’ele, Lom Pangar et Nachtigal, et du vaste programme solaire déployé dans plus de 1 000 localités.
Dans le secteur des hydrocarbures, après Maroua et Bertoua, le centre d’emplissage de Bamenda est entré en service, renforçant les capacités de stockage et de distribution du Gpl. Quant à la Sonara, elle met en œuvre depuis août 2025 le Plan d’Accélération de la Restructuration et de la Réhabilitation, qui doit permettre une reprise progressive du raffinage dès 2027, pour atteindre une capacité de 2,1 millions de tonnes métriques par an.
En somme, les engagements pris par le chef de l’État ont été respectés. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : là où régnait l’ombre, la lumière s’est installée, et là où l’eau manquait, les fontaines coulent. Cette dynamique doit se poursuivre pour consolider un Cameroun émergent, souverain et solidaire sous la haute impulsion du chef de l’Etat.
Quelles mesures prenez-vous, en votre qualité de président de la commission départementale de campagne du Rdpc dans la Mefou et Akono, pour assurer une victoire éclatante au président Paul Biya ?
En tant que président de la commission départementale de campagne du Rdpc dans la Mefou et Akono, nous ne ménageons aucun effort pour garantir une victoire éclatante au Président Paul Biya lors du scrutin présidentiel du 12 octobre 2025. Sous notre houlette, une dynamique de terrain s’est mise en place, marquée par des réunions de mobilisation, des descentes de proximité, et une structuration efficace des équipes. Mettant à profit notre notoriété et notre enracinement local, nous nous évertuons de fédérer élites, militants, jeunes et femmes autour de l’idéal présidentiel. Au-delà de la logistique, c’est un message de fidélité et de gratitude envers le chef de l’État qui est porté dans chaque village. L’objectif affiché : un score sans appel en faveur du candidat naturel du Rdpc.
Interview, Christophe Onana
