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Election présidentielle de 2025 : Le jour des résultats…

Après le compte à rebours final, le Conseil constitutionnel s’apprête à dévoiler les résultats du scrutin du 12 octobre dernier. Le vainqueur sera connu le jeudi 23 octobre, sauf revirement de dernière minute.

Le suspense touche à sa fin. Douze jours après le scrutin présidentiel du 12 octobre 2025, les électeurs camerounais retiennent leur souffle. Le Conseil constitutionnel, seule habilité à proclamer les résultats définitifs, dispose légalement d’un délai allant jusqu’au dimanche 26 octobre. Mais selon des sources bien introduites, c’est le jeudi 23 octobre que les résultats officiels seront rendus publics.

C’est donc l’ultime ligne droite d’un processus électoral scruté à la loupe, tant au Cameroun qu’au sein de la diaspora. 31 653 bureaux de vote ont été ouverts sur le territoire national, auxquels s’ajoutent 158 bureaux à l’étranger, mobilisant un total de plus de 8 millions d’électeurs inscrits. La participation, selon les premiers chiffres, serait en légère hausse par rapport à 2018.

La campagne électorale s’est déroulée dans un climat marqué par une forte polarisation entre les principaux candidats. Si des tensions localisées ont été signalées, notamment dans certaines régions du Nord-ouest et du Sud-ouest, le jour du vote s’est globalement déroulé dans le calme, selon les observateurs nationaux et internationaux.

Les missions d’observation électorale, notamment celle de l’Union africaine et des organisations de la société civile camerounaise, ont salué la logistique déployée par Elecam, bien que des retards d’ouverture et quelques incidents techniques aient été notés dans certains centres de vote.

Depuis la clôture du scrutin, plusieurs candidats ont saisi le Conseil constitutionnel pour dénoncer ce qu’ils estiment être des irrégularités. Audiences publiques, preuves documentées, réquisitoires des avocats : les recours ont été examinés à huis clos puis publiquement rejetés dans la majorité des cas, faute d’éléments probants.

La gestion des contentieux électoraux a ainsi laissé entrevoir la rigueur du processus, bien que certains opposants continuent de dénoncer une forme de partialité institutionnelle. Le Conseil, pour sa part, a insisté sur sa neutralité et son rôle d’arbitre ultime.

Dans les différents états-majors, l’attente des résultats vire à la fébrilité. Du côté du Rdpc, parti au pouvoir, un récent communiqué du secrétaire général de son Comité central, Jean Nkuété affirme rester « serein et confiant », tout en appelant ses partisans à la retenue. « Lorsqu’on est sûr de sa victoire, on n’a pas besoin de faire usage du faux ni de créer l’agitation », a en outre déclaré un cadre du parti, en réponse à des rumeurs sur un prétendu document de reconnaissance anticipée d’une défaite, immédiatement qualifié de fake.

Chez les principaux challengers, l’ambiance est tout aussi tendue. Certains leaders ont déjà évoqué une « victoire confisquée », promettant de ne pas accepter des résultats « manipulés ». Cependant, la majorité appelle dans le même souffle, à la paix et à la vigilance.

Jeudi, à Yaoundé, tous les regards seront donc tournés vers l’imposant siège du Conseil constitutionnel. Comme en 2018, la proclamation devrait se faire en audience solennelle et publique. Une cérémonie qui scellera l’avenir politique du pays pour les sept prochaines années.

En attendant, la population observe, écoute, analyse. L’enjeu est immense. La balle est désormais dans le camp des institutions.

Serge Williams Fotso

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