C’est le constat dressé par les pouvoirs publics et les acteurs de cette filière lors du lancement officiel de la campagne caféière 2025-2026, le 16 janvier dernier à Baditoum, dans la région de l’Est.
Présidée par le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, cette cérémonie de lancement a battu tous les records de participation. Outre le ministre de l’Agriculture et du Développement rural, Gabriel Mbairobe, du ministre de la Fonction publique et digne fils de la région, Joseph LE, du gouverneur et des autres autorités administratives, des principaux responsables des organes et projets de la filière de même que tous ses autres acteurs étaient présents à cette cérémonie de reconnaissance du mérite des jeunes et de l’inauguration du centre d’excellence de traitement post-récolte du café de Baditoum composée d’une salle de process, tunnels de séchage, bâches anti Uv, espace de décorticage, un bureau administratif, forage et mini centrale.
Fruit de l’engagement de la jeunesse de l’arrondissement de Doumaintang, département du Haut-Nyong, région de l’Est, ce café robusta force l’admiration de tous. Désormais vendu bord champ à 3500-4000 F/kg, alors que lors de la campagne 2014-2025, le kilogramme de ce produit de rente se négociait à 400 Fcfa, c’est un café de spécialité. C’est cette pugnacité des jeunes de cette localité dont le produit ne cesse de remporter des lauriers à l’international que le gouvernement est allé saluer et féliciter en décidant d’y lancer la campagne caféière officielle 2025-2026.
Dans son mot de bienvenue, Honoré Koumé, le maire de Doumaintang et président de la section Rdpc locale, a tenu à remercier vivement les pouvoirs publics pour ces encouragements et cette reconnaissance du dur labeur de la jeunesse locale qui bénéficie de l’encadrement technique du Fodecc, de l’Oncc et du Cicc à travers son programme à succès, « New Generation ». Une jeunesse qui est désormais fière de sa condition d’entrepreneur agricole et de promoteur d’une agriculture moderne, très compétitive et qui est dorénavant citée en exemple. « Nos populations qui vivent essentiellement de l’agriculture ont besoin de l’encadrement pour davantage améliorer les rendements de leurs exploitations et partant, la qualité de leur production ». Pour le maire, le choix de Baditoum répond parfaitement à la volonté du chef de l’Etat, Paul Biya, d’encadrer et valoriser davantage les activités des jeunes et des femmes.
Pour le ministre Mbarga Atangana, les deux maîtres-mots de cette campagne qui s’ouvre sont : remontée des prix du kg et transformation locale. S’agissant du prix du kg, le Mincommerce a relevé que de 400 F lors de la campagne 2014-2015, le kg de café arabica est passé à 2800 F le kg pour l’arabica et 1956 F pour le robusta. « Le café est dans une phase ascendante au Cameroun. Il y a de l’avenir dans le café et cet avenir c’est au Cameroun », a-t-il ajouté. Pour ce qui est de la transformation locale, le Mincommerce n’a pas mâché ses mots pour rappeler à l’assistance qu’il s’agit d’une nécessité absolue ; la priorité des priorités. Car si elle garantit beaucoup plus de revenus pour toute la chaine de valeur d’une part, elle permet également la création de nombreux emplois ; sans oublier la conquête du marché sous régional et même continental grâce à la Zlecaf, le café camerounais ayant déjà fait ses preuves dans tout le monde entier. D’où son appel à plus de travail.
Réactions

« Notre café est dans une phase ascendante »
Le moins capé des cafés de ce centre se vend à 3500 F bord champ le kg, d’autres montent à 4000 F et toutes les commandes ne sont pas satisfaites. Le Cameroun est par conséquent sur la bonne voie, celle des cafés d’excellence, la voie des cafés des terroirs, synonyme d’une rémunération forte des producteurs. Il faut capitaliser nos atouts, en l’occurrence notre jeunesse. Ce centre est aussi le fruit de la participation des jeunes du programme New Generation. Ils sont engagés de même que les populations. Il y a aussi l’environnement qu’il faut pouvoir capitaliser : c’est le message que nous passons à nos Lions indomptables du café.

« Nous allons redoubler d’efforts »
C’est une satisfaction de joie que la hiérarchie apprécie les efforts du Projet d’appui à la relance de la filière café (Parf-Café). Nous avons beaucoup travaillé pour revitaliser le secteur dans le but d’augmenter la production, améliorer la qualité de nos cafés et promouvoir la transformation locale, comme il nous l’a été prescrit. En dépit de ces résultats probants, nous n’allons pas dormir sur nos lauriers en continuant d’encadrer tous les producteurs des huit régions à l’instar de ceux de Baditoum que nous célébrons à juste titre ce jour. Nous allons redoubler d’efforts pour que le pays atteigne ses objectifs de production et d’amélioration de la qualité de nos cafés. Ceci, grâce à la sollicitude du ministre Gabriel Mbairobe, qui a toujours mis un point d’honneur à nous appuyer. Sans oublier le Fodecc notre financier, l’Onnc et tous les autres partenaires.

« Ce centre représente l’espoir » « Nous sortons d’une longue période de traumatisme des producteurs stressés par la forte baisse des prix bord champs. S’agissant précisément du café, ce centre représente pour nous l’espoir. Il permettra notamment de produire un café d’excellence avec des prix exceptionnels. Des prix qui vont de 3500 à 4000 F le kg. Je sui un maire satisfait et optimiste. Nous allons continuer à appuyer les jeunes dans la création des exploitations et dans le support logistique, afin que ce centre puisse entièrement remplir son cahier de charges. Dans l’immédiat, nous allons soutenir 100 jeunes et développer un projet de production de 110 000 plants, entre autres.
Claude Mpogué
