Face à la pénurie chronique d’agents pédagogiques dans les zones reculées, l’État a lancé, le 6 janvier dernier, une vaste opération visant à renforcer les effectifs des écoles primaires publiques les plus défavorisées du pays.
Dans les salles de classe sur- peuplées des régions éloi- gnées, le tableau est souvent le même : un enseignant épuisé face à une centaine d’élèves avides de savoir. Cette réa- lité pourrait bientôt changer. Le 6 janvier dernier, le gouvernement a annoncé le lancement de la septième phase du programme de contractua- lisation, avec un test de sélection prévu le 14 février 2026. Cette ini- tiative, fruit d’une collaboration entre le ministère de l’Éducation de base et celui de la Fonction publique, marque un tournant dans la politique de recrutement des ensei- gnants.
L’originalité de cette démarche ré- side dans son approche ciblée. Les candidats, titulaires du Capiemp ob- tenu au plus tard en 2020 et âgés de moins de 40 ans, devront choisir une école spécifique où ils souhaitent exercer. Ce « job posting » permet d’orienter les ressources humaines précisément là où les besoins sont les plus criants. Les dossiers, à sou- mettre d’abord en ligne puis physi- quement avant le 31 janvier, feront l’objet d’une sélection rigoureuse.
« Cette méthode nous permet d’éviter les abandons de postes fréquents dans les zones difficiles d’accès », a confié un responsable du Minedub sous couvert d’anonymat. L’engagement de servir cinq ans dans l’école d’affectation renforce cette stabilité recherchée.
Avec trois épreuves au programme (culture générale, technique et lin- guistique), le concours promet d’être sélectif. Les lauréats rejoindront les rangs des quelque 12000 contractuels recrutés lors des phases précé- dentes, insufflant un nouveau souf- fle dans un système éducatif en quête de renaissance.
Outre des chiffres et des procédures, c’est l’espoir d’un changement dura- ble qui se dessine à l’horizon. En mi- sant sur une sélection rigoureuse, une affectation ciblée et un engagement à long terme, le gouvernement semble vouloir rompre avec les er- rements du passé. Reste à espérer que cette septième phase ne soit pas qu’un énième effet d’annonce, mais bien le socle d’une école plus équi- table, où chaque enfant, où qu’il vive, aura enfin droit à un enseigne- ment de qualité.
Charles Ebode
