Le ministère de la Justice a renforcé les conditions d’accès à la profession d’avocat, en instaurant un examen sélectif dont la première session est fixée les 18 et 19 avril prochains.
C’est une étape décisive qui s’annonce pour des centaines de jeunes juristes. Par arrêté signé le 12 février dernier, le ministre d’État, ministre de la Justice, garde des sceaux, a fixé les contours de l’Examen d’aptitude au stage d’avocat (Easa), véritable sésame pour accéder au stage judiciaire, première marche vers la prestation de serment. Les épreuves se tiendront à Yaoundé les 18 et 19 avril prochains, sous la supervision du barreau et du ministère.
L’arrêté s’inscrit dans la loi n°90/059 du 19 décembre 1990 et impose des conditions strictes : être Camerounais, jouir de ses droits civiques, avoir au moins 21 ans et détenir une licence en droit ou un diplôme équivalent. À ces critères s’ajoute une exigence symbolique : la lettre de parrainage d’un avocat inscrit depuis cinq ans, gage d’un premier ancrage dans le milieu professionnel. Les dossiers, à déposer au Barreau avant le 16 mars, seront minutieusement vérifiés avant transmission au ministère de la Justice.
L’organisation repose sur une commission présidée par le bâtonnier, épaulé par des professeurs de droit, avocats et magistrats. Deux épreuves écrites, commentaire juridique et culture générale, précéderont un oral sélectif. Seuls les candidats ayant obtenu au moins 10/20 aux écrits accèderont à l’entretien, et l’admission finale ne sera acquise qu’à partir de 12/20. Les frais d’inscription, fixés à 10 000 Fcfa, devront être réglés auprès du trésor public.
Outre les chiffres et des coefficients, c’est une philosophie de rigueur qui se dessine. Dans un contexte où la profession d’avocat est appelée à se renouveler, l’État entend garantir un haut niveau de qualification et préserver l’image d’une justice crédible. L’examen, réputé pour sa sélectivité, devient ainsi un filtre incontournable, à la fois tremplin et épreuve de vérité pour une génération de juristes en quête de légitimité.
Charles Ebode
