À l’approche de la Journée internationale des droits des femmes, Parfait Prosper Bessala Mbassi, maire de la commune, a récemment lancé une initiative ambitieuse visant à soutenir le développement des activités agricoles et d’élevage des femmes de la localité.
Le soleil décline doucement sur Monatélé lorsque Cécile Mama, membre de l’association « Femmes Dynamiques de Ngomo », reçoit un porcelet frémissant dans ses bras. Son visage s’illumine d’un sourire rayonnant. « Ce n’est pas un simple animal, c’est notre avenir », a-t-elle déclaré, émue. Autour d’elle, des dizaines de femmes attendent leur tour pour recevoir ce qui représente bien plus qu’un don : une véritable opportunité d’émancipation économique.
Dans cette commune du département de la Lékié, l’exécutif municipal dirigé par sa Majesté Parfait Prosper Bessala Mbassi vient de lancer une initiative ambitieuse. Des porcelets, des sacs d’aliments et des semences de maïs améliorées ont été distribués aux associations féminines locales. Un geste concret qui transcende la simple célébration du 8 mars et s’inscrit dans une vision stratégique de développement communautaire. « Nous avons compris que l’autonomisation des femmes passe par leur capacité à générer des revenus durables », a expliqué le maire, qui a personnellement supervisé la distribution. « L’agriculture et l’élevage sont les piliers de notre économie locale. En donnant aux femmes les moyens de production, nous investissons dans l’avenir de toute la communauté ».
Cette action s’aligne parfaitement avec les orientations nationales portées par le président Paul Biya, qui a placé la promotion des femmes et des jeunes au cœur de son mandat. Dans une localité où l’agriculture vivrière et maraîchère constitue l’activité dominante, les femmes assument près de 70% de la production alimentaire, cultivant maïs, manioc, arachides et tomates qui nourrissent les familles et approvisionnent les marchés. Pourtant, l’accès aux intrants agricoles demeure un obstacle majeur pour ces agricultrices. Les semences améliorées et les moyens de diversification comme l’élevage représentent souvent un investissement inaccessible pour la plupart d’entre elles.
Cette initiative s’inscrit dans un programme plus vaste. L’année dernière, la mairie avait déjà formé plus de 400 veuves aux activités génératrices de revenus, notamment dans la transformation de la tomate et la fabrication de menthol. « Nous construisons pierre par pierre une commune inclusive et prospère », a affirmé le maire.
Pour Augustine Nga, 54 ans, recevoir un porcelet signifie bien plus qu’un simple cadeau. « Avec cet animal, je pourrai élever des porcelets, les vendre et payer les frais de scolarité de mes petits-enfants », a-t-elle confié « C’est une chaîne de prospérité qui commence aujourd’hui ».
À Monatélé, les droits des femmes ne se célèbrent pas uniquement avec des pagnes et des discours, mais s’enracinent dans la terre nourricière et s’épanouissent dans les enclos d’élevage. Chaque porcelet remis aux mains de ces femmes représente bien plus qu’un don : il incarne la promesse d’un avenir où l’égalité de genre se construit dans les champs et les exploitations, creusant son sillon dans la terre fertile de l’autonomie économique.
Charles Ebode
