À l’occasion de la Journée internationale des femmes, une formation sur la mise en place de pépinières de cacaoyers se tiendra les 4 et 5 mars prochains, suivie de la remise de plants aux participantes.
À Dzeng, dans le département du Nyong-et-So’o, la Journée internationale des droits des femmes ne sera pas seulement une fête. Les 4 et 5 mars prochains, la section Ofrdpc nord, à travers sa coopérative « La Pépinière de Dzeng », transformera cette date symbolique en un acte concret d’autonomisation. Militantes, militants et sympathisants seront conviés à une formation pratique sur l’implantation et la tenue d’une pépinière de cacaoyers, avant de repartir avec des plants prêts à être mis en terre.
Le Cameroun est le cinquième producteur mondial de cacao, une culture qui fait vivre près de 600 000 familles. Pourtant, les femmes, qui assurent une grande partie du travail agricole, préparation des sols, entretien, récolte et transformation, ne contrôlent que 20 à 30 % des revenus générés. Une étude du Centre pour l’environnement et le développement (Ced) et de l’Ong Fern souligne leur rôle central mais invisibilisé, marqué par des inégalités foncières et un accès limité à la formation.
C’est précisément ce fossé que l’initiative de la section Ofrdpc Nyong et So’o nord entend combler : donner aux femmes les compétences et les moyens de créer leurs propres plantations, afin qu’elles deviennent des actrices reconnues de la filière.
Durant deux jours, les participantes apprendront les techniques de germination, de sélection des semences, d’entretien des jeunes plants et de gestion durable des pépinières. La remise des plants, geste hautement symbolique, incarne une promesse : celle de revenus futurs et d’une dignité retrouvée. « Planter un cacaoyer, c’est planter un avenir », a confié Mireille Elono Messomo, présidente de la section Ofrdpc Nyong et So’o nord, convaincue que l’autonomie économique des femmes passe par la maîtrise de la terre.
Cette action s’inscrit dans une dynamique plus large : renforcer la place des femmes dans les coopératives et leur donner accès aux ressources productives. Dans un contexte où elles restent marginalisées dans la gouvernance et la répartition des bénéfices, l’initiative de la section Ofrdpc apparaît comme un modèle à suivre.
Charles Ebode
