La première session ordinaire de l’année législative 2026 s’est ouverte mardi dernier, 10 mars 2026, à l’Assemblée nationale et au Sénat. Intervenant au lendemain de la célébration de la 41ème édition de la journée internationale des droits des femmes et surtout un mois après les annonces fortes du chef de l’Etat lors de son discours à la jeunesse, ce rendez-vous parlementaire est très attendu des députés en particulier et des Camerounais en général. Les élus de la Nation attendent avec impatience le report de leur mandat qui s’achève en principe le 30 mars. Le Président de la République a d’ores et déjà entériné cette option lorsqu’il déclarait le 10 février : « le calendrier afférent (à ces consultations électorales) devrait, au vu de certaines contraintes impérieuses, connaître un léger réajustement, dans le respect des dispositions pertinentes de nos lois, et tout particulièrement de la Loi fondamentale. » Les députés n’attendent plus que le projet de loi prorogeant leur bail au Palais de Verre Paul Biya de Ngoa-Ekelle. Il sera voté à l’unanimité par la chambre entière, y compris par les élus des partis de l’opposition. Tout comme ils attendent impatiemment, avec tous les Camerounais et les observateurs internationaux, les textes censés traduire en actes « le sens des réformes que le Président de la République entend engager en vue d’un meilleur fonctionnement de l’Etat. »
Le suspense est à son paroxysme ; les supputations aussi. L’attente de ces projets de lois donne une saveur très particulière à cette session qui devrait être un marqueur du nouveau septennat du Président Paul Biya. Avant d’entrer dans le vif du sujet, les députés et les sénateurs devront d’abord renouveler les bureaux de leur chambre respective puisque les débats ne peuvent valablement se dérouler qu’après cette importante formalité. On imagine aisément l’embarras des instances en charge de ce dossier : un nouveau bureau doit être mis en place même s’il faudra recommencer l’exercice lors de la session de plein droit prévue après les élections.
Le Rdpc, qui s’apprête à célébrer son 41ème anniversaire le 24 mars prochain, jouera sa partition dans cette séquence en gardant à l’esprit le pragmatisme qui s’impose en ce genre de circonstances et la nécessité de mettre en œuvre les directives du président de la république relatives à la priorité à accorder au cours de ce septennat aux femmes et aux jeunes. Les Camerounais scruteront avec la plus grande attention la fumée blanche qui sortira à l’issue de la réunion organisée dans les prochains jours par le secrétariat général du Comité central avec les deux groupes parlementaires du parti au Sénat et à l’Assemblée nationale.
Quoi qu’il puisse en sortir, on n’oubliera pas de sitôt l’ancienne doyenne d’âge de l’assemblée nationale décédée il y a quelques mois et qui recevra des hommages parlementaires mérités au cours de la présente session. Nous n’oublierons pas son parler franc, direct et vrai qui ponctuait ses discours tranchants et percutants au début de chaque année législative. Les convictions n’ont pas d’âge.
